Nouvelles fouilles au château de Moha : les archéologues mettent au jour des vestiges remontant aux origines de la forteresse

En vue d’un futur projet d’aménagement, des fouilles archéologiques ont été menées au château de Moha, entre les mois de février et de juin 2020. L’équipe du château, épaulée par plusieurs étudiants en archéologie, a mis au jour un mur de fortification construit entre la fin du 10e et le milieu du 11e siècle, le plus ancien découvert à ce jour sur le site.

Depuis plusieurs années, l’asbl "Les Amis du château Féodal de Moha" œuvre à la sauvegarde, à la valorisation et à la compréhension des vestiges du château, classé comme monument et site. En vue d’un futur projet d’aménagement, la zone dite "du donjon", située entre le chemin d’accès et la cour haute, a fait l’objet de fouilles archéologiques. Cette intervention visait, d’une part, à mettre en évidence les niveaux de circulation de l’époque médiévale et d’autre part, à dater les structures en présence. Les résultats obtenus ont largement dépassé les attentes des archéologues, puisque les fouilles ont permis de mettre au jour un mur de fortification construit entre la fin du 10e siècle et le milieu du 11e siècle.

Des traces de déchets, d'animaux et des fragments de céramiques

Cette structure, qui est à ce jour la plus ancienne découverte au château, avait été édifiée au sommet d’une pente, sur un solide radier de fondation. En contrebas, se trouvait un dépotoir qui comprenait les déchets jetés au-delà des murs par les occupants. On y trouve des restes de foyers - charbon de bois et cendres -, de nombreux os d’animaux présentant des traces liées à leur consommation, des centaines de fragments de céramique et quelques objets. Le tout forme un ensemble exceptionnel daté de la première moitié du 11e siècle. C’est précisément à cette période que, pour la première fois, les écrits officiels font mention d’un comte à Moha. La céramique mise au jour durant les fouilles, tant par ses formes que par les techniques utilisées pour la confectionner, témoigne du haut degré de richesse atteint par le seigneur du lieu.

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© Château de Moha

Plus tard, le mur est détruit et la zone partiellement remblayée. La raison exacte échappe encore aux archéologues, mais elle pourrait être liée à l’aménagement de nouvelles fortifications. En effet, la riche famille de Dasbourg, vassale de l’empereur du Saint-Empire romain germanique, prend possession du château dans les années 1060 et y apporte des modifications substantielles jusqu’en 1225, lorsque meurt Gertrude la dernière héritière des comtes de Dasbourg-Moha.

Le château de Moha fut bien fortifié dès 1315

Enfin, l’autre apport important de la fouille concerne le second mur de fortification, dont la construction put être datée de la première moitié du XIVème siècle. Cette découverte confirme les écrits du chanoine Jean de Hocsem (1278-1348), qui rapporte dans sa chronique qu’Adolphe de la Marck, Prince-Evêque de Liège de 1313 à 1344, fit fortifier le château de Moha dès 1315, suite aux révoltes des milices hutoises et liégeoises. Des aménagements qui n’empêcheront toutefois pas la prise du château par la ruse et sa destruction le 6 mai 1376.

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