Noshaq a enchaîné deux exercices exceptionnels, bien utile pour faire face à la crise

Le siège de Noshaq à Liège
Le siège de Noshaq à Liège - © RTBF - Martial Giot

Le fonds d’investissement liégeois Noshaq a, à nouveau, connu une année d’activité exceptionnelle. L’ex-Meusinvest a investi 136 millions d’euros entre juillet 2019 et juin 2020. C’est 20 millions de plus que son record établi durant l’exercice 2018-2019.

Au cours de l’exercice 2019-2020, Noshaq a, par ailleurs, franchi la barre du milliard d’euros investis depuis sa création en 1985.

Mais l’année 2019-2020 a aussi été exceptionnelle parce que ses derniers mois ont coïncidé avec le début de la crise du coronavirus. Gaëtan Servais, le directeur général de Noshaq, explique : "On a un exercice qui débute en juillet et qui se termine en juin. Donc, évidemment, on n’a vécu que trois mois de la période de crise COVID. Mais effectivement, cette année 2019-2020 a été un peu exceptionnelle puisqu’on a investi 136 millions d’euros dans l’économie et on dégage un résultat positif qui est quand même important et qui nous permettra de mettre en réserve pour des exercices suivants qui seront certainement plus difficiles."

Majoritairement des prises de capital

La majorité de ces investissements sont des investissements en capital. "On n’est pas vraiment des créanciers dans l’âme. On est des business partners", dit Gaëtan Servais. "Donc on essaye de rentrer au capital des sociétés et on y arrive, puisque 68% de nos investissements ont été faits en prises de participation en capital dans des sociétés."

Du côté des secteurs représentés, "ça fait maintenant trois ou quatre ans que le secteur biotech garde le maillot jaune : 38 millions d’investissements sur nos 136 sont dans le biotech. Dans le numérique aussi… Dans les secteurs, en fait, qui ont été déterminés comme prioritaires par notre conseil d’administration. Donc l’industrie et l’industrie 4.0, le numérique, le bio tech, l’agroalimentaire de qualité et l’immobilier. Ces secteurs-là représentent à peu près 80% de nos investissements. Mais on reste un fonds qui investit dans tous les secteurs d’activité."

Se démultiplier face à la crise

Les derniers mois de l’exercice 2019-2020 ont donc été marqués par la crise du coronavirus. Durant cette période, Noshaq a veillé à être encore plus présent pour soutenir et accompagner les sociétés de son portefeuille.

"Bizarrement, alors que beaucoup d’entreprises étaient à l’arrêt, nous, nous avons beaucoup plus travaillé pendant cette période-ci. Je vous donne un exemple : sur les trois derniers mois de l’exercice, on a fait 27 comités de direction, en général on en fait, sur la même période, dix", raconte le directeur général de Noshaq. "On s’est démultipliés d’abord pour aider nos sociétés en prenant des mesures de crise, comme les banquiers, en donnant des moratoires. Mais surtout aussi en essayant de travailler avec les équipes pour réfléchir et déceler les bonnes pratiques pour essayer d’avoir des conseils ou d’aider nos entreprises à sortir de la crise lorsqu’elles devront le faire. Donc ça, c’est une originalité qui fait que, ces derniers temps, on avait notre flux d’investissements habituels, mais en plus la crise COVID a nécessité beaucoup plus d’activité dans nos services également."

Dans ce contexte de crise, des secteurs résistent mieux. "Il y a des secteurs qui s’en sortent un petit peu mieux, notamment la biotech, les secteurs liés au numérique. Mais ce n’est pas étonnant. Ce sont des programmes de recherche et développement, des programmes de développement de nouveaux produits pharmaceutiques. Il y a des sociétés aussi qui ont été très actives sur les tests de diagnostics dans nos biotechs dans le cadre de la crise COVID. Dans le numérique, forcément, le télétravail et le confinement ont permis à des entreprises d’être plus porteuses par rapport aux produits qu’elles proposent. C’est assez logique. Les secteurs traditionnels, pour eux, c’est plus compliqué. Notre logique, c’est d’essayer de trouver des solutions pour les aider, soit par un retournement de leur activité, soit par une bonne reprise, de passer le cap de la période de crise et de confinement."

Noshaq a évidemment continué à investir durant cette période, notamment dans des dossiers directement liés à la crise. "Par exemple, le dossier Zentech qui a produit des kits de diagnostic, notamment commandés par le gouvernement fédéral. On a investi dans cette société pour l’aider à produire rapidement ces kits. Il y a aussi d’autres sociétés qui ont travaillé sur la production de masques. Donc on a aussi essayé de soutenir de sociétés qui avaient des projets de développement qui sont plus liés à l’adaptabilité à la crise COVID."

Le plus dur est à venir

Pour beaucoup de sociétés, le plus compliqué est probablement à venir. Gaëtan Servais constate : "Il y a un effet de retard de la crise COVID. On vous présente des chiffres qui sont très bons en matière de volume d’investissements et en matière de résultats, mais nous savons très bien que le plus dur est à venir. Il y a eu toute une période de protection des entreprises par les différents gouvernements. C’était nécessaire. Mais maintenant, il va falloir sortir de cette période de protection et relancer l’activité. Donc le plus dur est certainement à venir. On envisage un moment, à partir de janvier 2021, où on va commencer vraiment à sentir les effets de la crise. C’est pour nous très rassurant de savoir qu’on a réalisé deux exercices exceptionnels, puisqu’on fait plus ou moins 20 millions de mise en réserve, et que ça doit nous permettre d’aider nos sociétés dans les mois à venir. On s’y prépare. On est un peu comme quand on attend la vague là, comme un surfeur. Depuis le mois de mars, on est au taquet par rapport à cela. On aide déjà nos sociétés à le faire, en les accompagnant. On craint, comme les entrepreneurs évidemment, l’arrivée de la vague, mais on sera là pour les aider à ce moment-là."

 

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