Nos ancêtres coupaient les oreilles des loups

Oreille d'un loup tué à Aywaille
Oreille d'un loup tué à Aywaille - © Archives de l'Etat à Liège

Couper les oreilles d'un loup ne servait évidemment ni à le rendre sourd, ni à montrer son adresse au couteau. Les oreilles coupées d'un loup prouvaient que l'animal avait été tué. Dans nos régions, le loup a longtemps été considéré comme un nuisible. Nos ancêtres l'ont éradiqué. Ils y étaient encouragés par des primes que leur payaient les autorités... en échange des oreilles apportées comme preuves.

Un Office pour détruire le loup

Aux archives de l'Etat à Liège, un dossier vieux de deux siècles témoigne des campagnes d'éradication du loup dans nos régions. L'historien Bernard Wilkin en extrait une feuille jaunie : "Nous avons ici par exemple la capture de trois louveteaux par les citoyens Dieudonné Borchette et Jean Lambert, à Arbrefontaine. Ils viennent toucher la prime qui était plus élevée quand on tuait un jeune loup ou une louve portante. 

Dès la période de la République, on va créer un Office chargé de la destruction systématique des loups.  L'animal est à l'époque considéré comme un fléau. Le loup a un aspect effrayant, donc il fait peur. Et puis il détruit du bétail." 

Bernard Wilkin nous montre un autre document : "Ici, nous avons un rapport au Préfet qui l'avertit que pendant la nuit du 2 au 3 septembre, seize moutons ont été attaqués par un loup. Et on voit que le fermier a fait un témoignage sur la férocité de l'animal, ce qui va mener l'Office à envoyer des chasseurs pour le détruire. Ceci se passe à Cerexhe, en 1806.

On sait aujourd'hui que loup ne représente qu'un danger tout à fait relatif pour l'homme, même si on a quand même dans les archives des cas de gens mordus par des loups et qui vont mourir de la rage." 

Les oreilles, la tête entière ou les pattes

Sous la République et sous l'empire, l'Etat payait les citoyens pour chasser le loup. Quand le loup était tué, le chasseur lui coupait les oreilles. "Il s'agissait d'une preuve matérielle pour montrer que la bête avait bien été abattue. Pour obtenir la prime offerte par les autorités, les chasseurs viennent avec les oreilles, les pattes ou la tête de l'animal, toute une série de reliquats dont on retrouve parfois les traces dans les archives !"

L'habitude de couper les oreilles des loups tués se poursuit après la période française. Le dernier loup de la province de Liège a été tué en 1870 à Stavelot.

Le loup est-il de retour en Wallonie ? (JT 28/04/2017)

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