Noir Jaune Blues et après? Malmedy et son folklore

La Royale Malmedy en pleine répétition
La Royale Malmedy en pleine répétition - © Mathieu GOLINVAUX - LESOIR

Le Cwarmé est dans quelques semaines mais déjà toutes les sociétés (4 chorales et 2 sociétés musicales) sont sur le pied de guerre pour préparer ce carnaval entièrement en Wallon. Le folklore, c’est ici un véritable lien social et un facteur d’intégration pour les étrangers.

Vive les rôleurs

Le hall omnisports accueille ce soir une drôle d’équipe. Elle n’est pas réputée pour ses exploits sportifs mais plutôt pour ses performances vocales. La société La Royale Malmédienne est un chœur masculin qui défend le folklore depuis 1866. Mais pour le Cwarmé, elle se transforme en une troupe de comédiens chanteurs tout entière dédiée aux "rôles". Une vénérable tradition et un spectacle humoristique qui mêlent chansons et saynètes satiriques se moquant gentiment de faits ou de personnalités malmédiennes qui se sont faites remarquer au cours de l’année écoulée. Le tout dans le plus pur Wallon local. Un patois qui ne ressemble à aucun autre et dont la saveur est à l’image des habitants : chaleureux et savoureux. Assis ou debout, les rôleurs répètent joyeusement mais avec grand sérieux des textes qui doivent demeurer secrets jusqu'au lundi du carnaval, le lendemain du grand cortège. Et c’est sur des chars fabriqués par eux-mêmes qu’ils se produiront dans ce Cwarmé qui peut accueillir jusqu'à 20.000 visiteurs. Etre rôleur à Malmedy, c’est une consécration et un honneur que l’on prend très à cœur, comme tout le folklore d’ailleurs.

Le folklore, c’est sacré

Pour de nombreux jeunes, comme Axel, le dernier arrivé, c’est dans les gênes. Il a fait ses études ailleurs et a travaillé plusieurs années à l’étranger. Mais dès qu’il en a eu l’occasion, il est revenu s’installer à Malmedy. Vue de l’extérieur, la société malmédienne peut paraître repliée sur elle-même. Il est vrai que sa situation géographique entre l'Allemagne et la Wallonie ainsi que son passé douloureux (elle a été occupée deux fois par les troupes prussiennes d’abord, puis par les Nazis en 1940 ensuite) l’ont longtemps isolée au milieu de ces massifs forestiers.

Malmedy, terre d’accueil

"C’est dans sa mentalité depuis toujours", estime Catherine Dutilleux, citoyenne engagée mais aussi grande amoureuse de sa ville. "De l’extérieur, cela ressemble un peu à un petit cercle fermé où ne sont admis que ceux qui parlent le wallon. En réalité, c’est très ouvert aux étrangers et ici, on est considéré comme étranger si l’on habite à Spa qui se trouve à moins de 10 kilomètres. Mais si l’on fait l’effort de vouloir s’intégrer, de participer à la vie locale et d’avoir des contacts avec les gens, on est très vite intégré. La solidarité, c’est une réalité quotidienne ici. Tout le monde est membre d’une société ou d’un groupe et tout le monde s’entraide."

Et par-dessus tout, on est farouchement wallon !

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