Muriel Targnion attend l'arrêt du Conseil d'Etat : quelques hyptohèses pour la suite

Muriel Targnion à l'hôtel de ville de Verviers
Muriel Targnion à l'hôtel de ville de Verviers - © RTBF - François Braibant

La décision du Conseil d'Etat n'est toujours pas tombée dans l'affaire Muriel Targnion contre la Ville de Verviers. L'arrêt est attendu pour cette semaine encore.

Bourgmestre dans la minute ?

L'ex-bourgmestre de Verviers conteste la manière dont elle a été poussée dehors. Selon son avocat, la motion de méfiance mixte était illégale. Il s'agissait de contourner la loi. L'auditeur du Conseil d'Etat a d'ailleurs rendu lundi un avis favorable à cette thèse. Que se passera-il  si le Conseil d'Etat suit son auditeur et décide de suspendre la constitution du nouveau collège à Verviers ?

La réponse est simple : dans la minute, Muriel Targnion redeviendrait Bourgmestre de Verviers. Et Alexandre Loffet échevin. Dans ce cas de figure, Muriel Targnion assure vouloir se montrer bonne joueuse : elle laissera la fin de la journée et la soirée à Jean-François Istasse pour déménager ses cartons et lui rendre le bureau de bourgmestre.

Une autre motion ?

Les adversaires de Muriel Targnion risquent de ne pas baisser pas les bras. Pourraient-ils redéposer une motion immédiatement pour la démettre encore une fois ?

Ce ne sera pas facile. La motion mixte éventuellement suspendue existera toujours. On ne peut pas voter de motion de méfiance moins d'un an après en avoir voté une première. Les adversaires politiques de Muriel Targnion devraient, dans cette hypothèse, attendre que le Conseil d'Etat annule la première motion de méfiance. 

Certains politiques verviétois ont déjà imaginé autre chose. Si la motion est suspendue, voire cassée, les partis de l'actuelle majorité pourraient décider de la retirer pour en proposer une autre, construite autrement, et sans Muriel Targnion comme bourgmestre.

Hypothèse suivante : imaginons la motion de méfiance mixte annulée ou retirée. Le PS aura-t-il encore les moyens politiques de réunir une majorité pour éjecter Muriel Targnion ?

L'écueil Aydin et Lambert

Le double problème Hasan Aydin et Sophie Lambert est toujours là. Une solution serait de les nommer l'un puis l'autre comme bourgmestres provisoires. Oui, mais, si on ne l'a pas fait précédemment, c'est parce qu'on craignait qu'une fois nommés, ils n'essaient de rester en place ! 

Ensuite, devant le Conseil d'Etat, l'avocat de Muriel Targnion a plaidé ceci : Hasan Aydin et Sophie Lambert n'ont peut-être pas renoncé formellement à être bourgmestres, mais ils ont bel et bien signé un pacte de majorité dans lequel ils ne l'étaient pas. C'est une forme de renonciation. Ils n'ont donc plus droit à leurs postes de président du CPAS et d'échevine. Sachant ça, Hasan Aydin et Sophie Lambert risquent de se montrer encore plus méfiants face aux futures solutions juridiques qui pourraient leur être proposées.

L'issue serait-elle de nommer Hasan Aydin bourgmestre de Verviers ? Mais il faudrait lui trouver une majorité. Soit avec ceux qui ont voulu se débarrasser de lui et qui ont finalement accepté de la garder dans l'actuelle coalition, soit dans une autre majorité, par exemple plus à gauche. C'est plus aisé à formuler qu'à réaliser.

Une suspension partielle ?

Il y a encore une autre éventualité, peu probable nous assure-t-on, c'est que le Conseil d'Etat, s'il suit l'auditeur, ne le suive qu'en partie, c'est-à-dire qu'il suspende la motion seulement en ce qui concerne Hasan Aydin et Sophie Lambert, puisque c'est à leur propos que l'auditeur considère qu'il y a eu détournement de la procédure. Muriel Targnion ne récupérerait alors pas son bureau, mais ça ferait un bel imbroglio au prochain conseil communal puisqu'il faudrait trouver deux remplaçants à Hasan Aydin et Sophie Lambert.

Rappelons-le, il ne s'agit ici que d'hypothèses et le Conseil d'Etat peut tout aussi bien ne pas suivre l'avis de l'auditeur et ne rien suspendre du tout. Dans ce cas, la nouvelle majorité reste en place et Muriel Targnion reste dans l'opposition.

En attendant, Muriel Targnion parle de "réunir une majorité qui respecte la législation". Mais rassembler une majorité pour la soutenir ne sera pas plus facile que d'en trouver une autre pour l'éjecter. A Verviers, en politique, rien n'est simple.

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