Mouvement Personne d'Abord : une réunion hebdomadaire pour s'écouter et briser la solitude

Tous les lundis, à Liège, le Mouvement Personne d'Abord se réunit pour un groupe de parole
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Tous les lundis, à Liège, le Mouvement Personne d'Abord se réunit pour un groupe de parole - © Q.Bolland

Tous les lundis, l’espace de quelques heures, ils brisent leur solitude et se retrouvent pour discuter à l’ASBL Mouvement Personne d’Abord. Ils ont une déficience intellectuelle et ne sont pas toujours écoutés.

Pour beaucoup, c’est l’occasion de se retrouver, et de pouvoir prendre le temps de s’exprimer. Tous les sujets sont évoqués, comme l’explique Jonathan : " On parle de ce qui s’est passé la semaine et on regarde ce qu’il se passe dans la vie réelle. On parle aussi sur ce qu’il faut améliorer dans la vie sociale, les gens nous voient comme des personnes qui ont une étiquette sur le front et ça c’est inacceptable". Tout en précisant : "Il faut montrer qu’on est , bien qu’on a une déficience, montrer qu’on peut parler et le montrer aux gens qui nous collent une étiquette dessus et qui nous ignorent la plupart du temps".

On n’est pas des imbéciles

Vanessa, c’est la Vice-présidente de l’ASBL, hyperactive et volubile, elle déborde d’énergie. La jeune femme incarne le combat de toute de l’ASBL. Les deux piliers, ce sont l’autodétermination, parler en leur nom et se faire entendre, et l’auto-représentation pour représenter le groupe. Ce groupe c’est aussi un groupe d’entraide et solidaire. Vanessa précise : " On travaille sur des thèmes comme le logement, le travail, la lutte contre la pauvreté, la santé, l’énergie. On a le droit de revendiquer nos droits. On n’est pas des imbéciles".

Au fil de la réunion, les exemples défilent et la stigmatisation est un constat. Vanessa est mariée à Didier, ils bénéficient d’un logement d’urgence du CPAS suite à un incendie. Un dimanche à 23 heures, Didier sort les poubelles et une personne du CPAS observait pour voir si le couple sortait bien ses déchets. Une situation qui le révolte : " Je lui ai demandé ce qu’il faisait là, je lui ai dit que je ne suis pas un gamin et je lui ai demandé de nous laisser en paix".

Le Mouvement Personne d’Abord dispose d’un centre à Verviers et Namur également. Le projet a été lancé à la suite d’un déplacement d’une délégation wallonne au Canada, sous l’égide de l’ancien ministre de l’action sociale et de la santé, Willy Taminiaux.

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