Marchin: un PV du conseil communal de 1940 retrouvé raconte l'exode

Marchin: un PV du conseil communal de 1940 retrouvé raconte l'exode
Marchin: un PV du conseil communal de 1940 retrouvé raconte l'exode - © Tous droits réservés

A Marchin, le conseil communal conseille à la population de fuir et de trouver asile dans un coin tranquille... Rassurez-vous, c'était le 11 mai 1940. Et c'est ce que raconte un procès-verbal du conseil communal de l'époque que vient de découvrir Jean Michel, le président socialiste du CPAS de Marchin. Un document qu'il a retrouvé dans les archives familiales de son père qui fut secrétaire communal après la guerre.

"La population craint à juste raison, la mitraille, les bombardements..." Dactylographié à la machine à écrire, ce compte-rendu du conseil communal décrit en mai 40, l'affolement des habitants de Marchin au début de la guerre. Jean Michel, président du CPAS de Marchin: "le conseil communal décide à l'époque de laisser toute latitude à l'ensemble du personnel communal et de la population de choisir l'exil s'il le désire. On lit clairement que le conseil communal met à disposition de la population un autocar pour permettre un exil plus rapide et facile vers la France. Certains resteront en France. D'autres reviendront par la suite."

"...Avec l'espoir d'y trouver un refuge"

Le texte raconte l'exode des populations de l'est de la Belgique et de la vallée de l'Ourthe. Il décrit d"'immenses défilés ininterrompus de vieillards, de malades, d'enfants ravagés déjà par la fatigue et la peur, s'acheminant vers la ville, avec l'espoir d'y trouver refuge." Ce document révélé par le quotidien Vers l'Avenir fait évidemment écho à l'actualité des réfugiés qui arrivent de Syrie et d'ailleurs dans notre pays. Pour Jean Michel, ce texte administratif historique s'inscrit dans l'actualité: "Pour le moment nous accueillons des réfugiés. Demain, serons-nous des réfugiés? Nous l'avons été il y a 75 ans. Cette question du devoir d'accueil des personnes qui sont en errance suite à des conflits se pose avec une acuité toute particulière." Aujourd'hui, dans la petite commune de Marchin, l'initiative locale d'accueil prend en charge environ 25 réfugiés. Et l'exode des Marchinois résonne comme un rappel de l'Histoire.

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