Marc du Bois, CEO de Spadel : "le meilleur emballage, c'est le plastique"

Marc du Bois, le CEO de Spadel
Marc du Bois, le CEO de Spadel - © Christian Delvaux | Photographie

Il ne s’exprime pas très souvent et pourtant, c’est un acteur majeur de notre économie, Marc du Bois, le CEO de Spadel présentait ce jeudi, un des aspects de la stratégie "source of change" de son groupe. Une stratégie visant à s’inscrire dans l’économie circulaire, à contribuer à la préservation et à la sauvegarde de l’environnement et des personnes. Spadel investit notamment dans des partenariats avec des communes pour des actions concrètes sur l’environnement.

L’occasion de revenir avec lui sur des questions qui font l’actualité.

L’eau gratuite, une fausse bonne idée

La volonté de la Wallonie d’obliger peut-être les restaurateurs à proposer une carafe d’eau gratuite à leurs clients, comme cela se fait en France, interpelle le patron de Spadel :

"Il faut favoriser l’hydratation, je comprends cette volonté aussi de l’autorité wallonne mais je suis interpellé quand j’entends qu’au nord du pays, deux ministres ont déjà pris position contre ce type de réflexion. Et je suis d’autant plus étonné que la majorité des ressources hydriques et des marques sont situées en Wallonie. Ca va avoir un effet, certainement : un effet potentiellement sur l’emploi mais aussi un effet par rapport aux recettes que les communes concernées que ce soit Spa, Stoumont (Bru) ou que ce soit Chaudfontaine. Ça va impacter le revenu de ces communes. Je crois que ce n’est pas une bonne idée et est-ce que c’est à l’autorité publique de favoriser un type d’eau au détriment d’un autre ?"

Une hausse de 20% de vente de bouteilles en verre

Spadel a arrêté la mise en canette de ses eaux : trop polluant. Reste le plastique et le verre. Aujourd’hui, on constate une hausse de 20% de vente de bouteilles en verre consigné pour le groupe. Spadel va-t-il miser davantage sur le verre ?

"Il faut savoir qu’aujourd’hui d’un point de vue empreinte carbone, le meilleur emballage, c’est le plastique parce que c’est un usage unique donc c’est un trajet et à partir du moment où il est collecté, on lui donne une deuxième voire une troisième vie. Le verre consigné est un emballage qui est bon pour l’environnement à partir du moment où il est vendu dans une zone de chalandise de 200 kilomètres autour de la source. Au-delà, d'un point de vue empreinte carbone, il est très mauvais parce qu’il y a les trajets aller jusqu’au consommateur et retour jusqu’à l’usine. On ne va certainement pas tout miser sur la bouteille en verre par contre on va continuer à réfléchir à augmenter la partie réutilisable de notre portefeuille produits".

Un secteur fatigué des taxes et contraintes

Embouteiller l’eau à la source, c’est une activité non délocalisable. Marc du Bois le souligne :"nous contribuons à développer l’emploi local". "Notre secteur est fatigué de se voir imposer systématiquement des taxes, des taxes et des taxes. Le différentiel de prix est important avec le Luxembourg ou la France et 50% des Belges habitent à moins de 50 kilomètres d’une frontière. Si nos volumes baissent parce que le Belge décide d’acheter ailleurs, ça a des conséquences sur l’emploi (1345 personnes pour le groupe), sur les revenus des communes aussi. Spadel contribue pour 6 millions aux recettes de la ville de Spa par exemple !"

L’aérodrome controversé

L’aérodrome de Spa a obtenu son permis d’exploiter pour 20 ans, c’était en septembre dernier. Directement, Spadel a introduit un recours :

"On se bat et moi en tête pour l’interdiction de survoler l’impluvium de l’eau de Spa et je ne lâcherai pas le morceau. On ne veut pas fermer l’aérodrome. Il est possible de maintenir l’activité moyennant des investissements. Il est possible que certaines pistes soient bougées pour ne plus survoler l’impluvium. Et puis tous les chiffres sont gonflés pour maintenir l’activité, le président de la SOWAER me parle de 15.000 mouvements d’avion pas 25.000. On parle de retombées économiques et touristiques mais on ne m’a jamais fourni les chiffres !"

A terme, Spadel prospectera peut-être pour de nouveaux captages mais le CEO de Spadel est formel : vu les risques "on ne prospectera pas dans la zone de survol par les avions et à terme c’est dommageable pour les Spadois".

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK