Mais que vient faire Liberty Steel en région liégeoise?

Les syndicats de la sidérugie liégeoise ont commencé, ce lundi, à recevoir quelques précisions sur les intentions du repreneur des deux lignes de galvanisation de Ramet, et de la ferblanterie de Tilleur: le matin, ils ont tenu une réunion avec ArcelorMittal, le vendeur, et l'après-midi avec des émissaires de la société Liberty Steel, du groupe Gupta, le repreneur...

Une offre "holistique"

Pour quelle raison ce candidat a-t-il été choisi, et pas d'autres, industriellement plus solides? C'est la question posée à ArcelorMittal. Réponse: parce que c'est l'offre la plus "holistique", la plus complète; parce que c'est un dossier global de reprise de tous les sites à céder, et donc le plus en adéquation avec les consignes européennes de constituer un "opérateur fort" à l'échelle du continent.

Premier contact avec Liberty Steel

Mais justement, comment ce conglomérat, qui gonfle avec une rapidité fulgurante, va-t-il intégrer et rentabiliser les outils qu'il vient d'acquérir ?  Avec quels fournisseurs, et pour quels acheteurs ? C'est la question, au centre des discussions, ensuite, pendant plus d'une heure, avec deux directeurs du groupe Gupta. Mais les nouveaux propriétaires n'ont pas encore un plan précis et concret. Ils ont annoncé qu'ils comptent se fournir en bobines d'acier, au moins pendant cinq ans, auprès d'ArcelorMittal, ArcelorMittal qui les reprendrait ensuite, pour parachèvement, et livraison à ses clients. L'opération s'apparente à de la simple sous-traitance, ce qui n'est pas précisément rassurant....

D'autres cessions en perspectives ?

Et c'est dans ce climat que d'autres inquiétudes surgissent. Elles concernent la maison mère de l'entreprise flémalloise Segal, la multinationaleTata Steel. Elle projette une sorte de fusion avec la société allemande ThyssenKrupp. Les autorités européennes viennent d'annoncer l'ouverture d'une "enquête approfondie" sur ce rapprochement, qui contrevient peut-être aux règles de la concurrence: il provoque peut-être une trop forte concentration dans le secteur des aciers plats pour l'automobile. Si c'est le cas, Tata et ThyssenKrup pourraient être obligés de vendre l'une ou l'autre usine, exactement comme ArcelorMittal vient de devoir le faire...

Les tôles antirouille pour les voitures, c'est précisément la spécialité de Segal. la firme est un fleuron technologique, et les premières informations données par la direction ne semblent pas lourdes  de menaces: mais il n'empêche: dans le dernier rapport de gestion, les conséquences des fiançailles de Tata et ThyssenKrupp sont, à deux reprises, mentionnées comme "risques et incertitudes"....

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