Liège: une société spécialisée dans l'impression 3D va produire des écouvillons

Liège: une société spécialisée dans l'impression 3D va produire des écouvillons
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Liège: une société spécialisée dans l'impression 3D va produire des écouvillons - © RTBF

Pour développer les tests de dépistage du coronavirus à grande échelle, il faut assez de produits réactifs pour les tests, mais aussi d'écouvillons, cette sorte de coton tige qui sert au prélèvement à travers le nez.

Comme pour le réactif, c'est un produit actuellement très recherché sur le marché et en pénurie un peu partout. Le CHU de Liège a donc fait appel à une entreprise liégeoise qui a relevé le défi en moins de deux semaines.

Un produit en pénurie

Dans les laboratoires du CHU de Liège, on teste environ 600 échantillons par jour de patients potentiellement atteints du Covid-19. Des échantillons prélevés grâce à cet outil, une sorte de gros coton tige flexible que l'on introduit profondément dans le nez du patient.

Mais ces écouvillons, c'est leur nom, sont une denrée devenue très rare car leur fabrication dépend presque exclusivement d'une seule usine en Italie. Pierrette Melin, cheffe du service de microbiologie clinique au CHU de Liège: "A plus de 90%, la production vient d'une société italienne, Copan, qui est localisée à Brescia, dans le nord de l'Italie, donc une région très impactée par la crise Covid".

Fabriqués en deux semaines: un exploit

Il y a deux semaines, le CHU a donc contacté une petite entreprise liégeoise de 10 personnes spécialisée dans l'impression en 3 dimensions. Ils ont travaillé 14 jours d'affilée pour dessiner, développer et faire valider leur modèle d'écouvillon par l'agence fédérale belge du médicament.

Un exploit, quand on sait que ce genre de projet prend en général des mois, voire des années. Julien Compère, administrateur délégué du CHU de Liège: "C'est le genre de chose que, si on avait voulu le faire en dehors de la crise, on n'y serait peut-être pas parvenu, on n'aurait peut-être pas réussi. Mais ici, ça s'est mis en place à une vitesse vv prime et avec des critères de qualité qui sont ceux de l'industrie pharmaceutique. Pour nous, c'est donc assez extraordinaire". Avec comme résultat un produit encore plus souple que ses concurrents pour être moins douloureux pour les patients.

Les demandes affluent

Les machines sont actuellement en train d'être calibrées pour la fabrication des 25.000 premières pièces. Les premiers exemplaires seront disponibles après leur stérilisation. Et les demandes affluent dans cette entreprise qui travaille habituellement pour l'industrie aéronautique: "Rien que sur cet après-midi, j'ai déjà eu de multiples demandes pour des volumes de 1000 à 10.000, voire 15.000 écouvillons de différents hôpitaux et institutions. Je ne vous cache pas qu'on a déjà des demandes à l'étranger, des demandes des États-Unis et à travers l'Europe. Mais on a décidé d'abord de desservir la Belgique" explique Roger Cocle, Fondateur d'Any-Shape.

100.000 unités par semaine

Une production qui sera dispatchée par l'agence fédérale des médicaments et produits de santé dans les hôpitaux et laboratoires de tests de tout le pays.

La production des écouvillons commencera dès ce week-end, à raison de près de 100.000 unités par semaine, annonce ce vendredi la société.

Grâce à cette collaboration, le CHU de Liège compte doubler le nombre de tests pratiqués chaque jour.

Conférence de presse du centre interfédéral Coronavirus du 01/04/2020

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