Liège: une ancienne glacière pour conserver... des vestiges archéologiques!

Liège: une ancienne glacière -qui a servi d'abri antiaérien pendant la guerre- utilisé pour conserver... des vestiges archéologiques!
Liège: une ancienne glacière -qui a servi d'abri antiaérien pendant la guerre- utilisé pour conserver... des vestiges archéologiques! - © Tous droits réservés

A Liège, plusieurs tonnes de vestiges archéologiques sont précieusement gardées... dans une ancienne glacière! Les archéologues ont trouvé dans cette vaste cave bâtie au 19e siècle, l'endroit idéal pour stocker des sols prélevés lors de leurs fouilles, des sols qu'ils n'ont pas eu le temps d'étudier sur place. La construction enterrée a servi d'abri anti-aérien pendant la guerre. Lundi, au conseil communal, la convention qui lie depuis 2011, la ville propriétaire des lieux aux archéologues du SPW a été reconduite pour deux ans. Aujourd'hui, en ville ou dans les parcs industriels comme au Trilogiport ou à Bierset, les archéologues doivent souvent faire les fouilles préventives dans la précipitation. La conservation de ces sédiments comme on les appelle, permettront aux scientifiques de les analyser plus tard.

Des sols archéologiques conservés à température et humidité constantes

Jean-Marc Léotard est l'archéologue à l'Agence WAllonne du Patrimoine, responsable des fouilles en province de Liège. Il nous fait visiter ce site dont l'adresse doit rester discrète. Une lourde porte en fer en protège l'accès. Derrière, une sorte de sas délimité par un rideau de plastique tendu "pour isoler l'intérieur et surtout préserver les conditions au niveau de la température et de l'humidité." On est dans un contexte cavernicole, un peu comme dans une grotte. La température est stable, environ 12 degrés. Tout comme le taux d'humidité. Des appareils de mesure hygrométrique contrôlent en permanence leur taux avec un relevé hebdomadaire. A l'intérieur, pas d'éclairage. Pour conserver ces sédiments, il faut donc un contexte le plus proche de leur lieu d'origine et le plus stable possible. "La pire des choses, c'est les changements de température ou d'humidité. Ça peut provoquer des tas de problèmes comme le développement de champignons, des craquelures... "  

Des pollens, des charbons de bois ou des plantes fossiles...  

Les couches de terrains archéologiques sont conservées dans des boîtes en plastique vérifiées aussi chaque semaine. Plusieurs tonnes sont entreposées. Pas la peine d'y chercher un fragment de poterie antique ou de hache médiévale! Ces fragments de sols sont des sédiments qui contiennent des éléments qui peuvent surtout nous informer sur la vie des occupants de l'époque, son environnement. On y retrouve des restes de pollens, de charbons de bois, de la microfaune comme des escargots ou des rongeurs, des phytolithes (des traces fossiles de végétaux anciens). Ça va de la Préhistoire au Moyen Âge. L'anthracologie (l'étude des charbons de bois) permet d'ailleurs d'aider à la datation des restes archéologiques. 

   

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