Liège: un stage de ski pour les aveugles et malvoyants

Liège: un stage de ski pour les aveugles et malvoyants
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Liège: un stage de ski pour les aveugles et malvoyants - © Blind Challenge

Les déficients visuels aussi peuvent skier ! Ce samedi, une trentaine de mal voyants et non-voyants se rendront au stage de ski annuel de l’ASBL liégeoise Blind Challenge. Ce stage dure une semaine, et est l’activité la plus populaire de l’association.

Depuis sa création, en 2005, Blind Challenge œuvre toute l’année pour organiser des activités sportives et de découvertes pour les déficients visuels. Par exemple, des marches, de l’escalade, de la planche à voile, ou même des voyages au bout du monde (au Népal, entre autres).Pour ce stage de ski, la question que l’on se pose, c’est comment les moniteurs guident ces personnes handicapées de la vue ? Le guidage se fait à la vue, pour les mal voyants, et à la voix, pour les non-voyants, comme l’explique Laurane Gazon, une liégeoise monitrice de l’activité: “Les personnes mal voyantes se mettent derrière le guide, qui porte un gilet de couleur flashy, soit rouge, soit orange, et il le suit. Il arrive aussi parfois que le moniteur et le skieur soient équipés d’un micro, pour pouvoir communiquer plus facilement. C’est aussi un moyen de rassurer les déficients visuels.”

Pour les aveugles, c’est différent. “Les non-voyants, eux, se mettent devant le guide, qui n’est jamais très loin évidemment. Ce dernier l'oriente à la voix, et nous disposons de tout un jargon de guidage. Par exemple, pour commencer, on dit ‘avant, avant, avant’. S'il faut tourner à droite, on lui dit ‘droite’. L’intonation déterminera la manière de prendre le virage. Pour un virage serré, on le dira de manière sèche, alors que pour un long virage, on allongera le mot.

Les personnes handicapées de la vue apprécient plus particulièrement le mot ‘libre’... “Quand on voit que la piste est dégagée, qu’il n’y a pas trop de monde ni de bosses ou de virages, on leur dit ‘libre’, et ils savent alors qu’ils peuvent skier comme ils veulent. Nous restons toujours tout près pour pouvoir reprendre le guidage au cas où. Au mot halte, tout le monde s’arrête.

Mais il arrive parfois que les virages soient trop dangereux pour permettre au skieur de glisser seul devant. “Quand on passe dans des petits chemins, par exemple, alors on dit ‘bâton droit’ ou ‘bâton gauche’. On saisit alors ledit bâton et nous glissons côte à côte, tout en indiquant des repères comme ‘10h’, ‘11h’, pour que la personne sache quelle amplitude prendre lors des tournants.” Cela n’empêche pas les chutes... “Ah ça, on tombe souvent (Rires). Mais la poudreuse ne fait jamais bien mal, et en général, on en rigole et ce sont des bons moments.” 

Ils seront très exactement 108 à s’élancer sur les pistes enneigées de Valloire, en France, pendant une semaine, déficients visuels, guides, et aspirants guides compris.

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