Liège: réformer, transformer, supprimer...La Province doit changer

Quel avenir pour l'institution éclaboussée par le scandale Publifin/Nethys?
Quel avenir pour l'institution éclaboussée par le scandale Publifin/Nethys? - © province de Liège

 

Gérée par une majorité PS-MR, la Province de Liège a été malmenée dans le tourbillon du scandale d’une de ses intercommunales :Publifin et sa nébuleuse Nethys. Depuis lors, elle a été décriée, il y a eu des remaniements importants au niveau de la députation provinciale avec le départ d'André Gilles, un des principaux protagonistes du dossier Publifin. Réforme, transformation voire suppression sont sur toutes les lèvres.

Disparition progressive pour le MR

 Le MR et son président de fédération provinciale, Daniel Bacquelaine, jugent l’institution dépassée entre région et communes toutefois  pas question de supprimer sans rien derrière: "il faut accompagner la transformation radicale des provinces vers la supracommunalité tout en garantissant le service au citoyen et du personnel pour assurer ces services" . Le MR qui verrait bien à terme, les intercommunales devenir de simples départements d’une structure supracommunale. Les réformateurs veulent impliquer davantage les communes dans la transition énergétique, numérique et de mobilité douce.

Maintenir mais faire évoluer pour le PS

Pour Jean Claude Marcourt, le président de  la fédération provinciale du PS: "Il ne faut jamais garder une institution pour elle-même mais pour les services qu’elle rend". Le PS soutient la Province parce qu'elle représente une taille critique (plus d'un million d'habitants) au niveau européen, parce qu'également, selon une étude universitaire, elle serait "un lieu intéressant pour l'élaboration des politiques coordonnées". " Ce n’est pas parce qu’il y a eu dérive qu’il faut jeter les 95% qui fonctionnent bien", explique-t-il encore en citant le développement économique via la SPI, les 3 000 emplois assurés au sein de Publifin/Nethys ou encore la reprise de la bibliothèque des Chiroux qui a permis de mettre en place un réseau de lecture publique jusque dans les communes où il n'y en a pas.

Le PS parle de législature de transition pour l'institution provinciale  et souhaite augmenter l'aide aux communes pour les zones de secours notamment.

Eviter d'ajouter une couche pour ECOLO

Coordinatrice provinciale Ecolo, Muriel Gerkens n’écarte pas l’ idée de réforme institutionnelle mais "si c’est pour rajouter une couche , ça ne sert à rien", dit elle. Pour ECOLO, la supracommunalité doit être organisée sur base des territoires de vie. Et,dans l’immédiat, il faut revoir le mode de gouvernance de la province et de ses outils, les intercommunales, pour plus de transparence, avec plus de poids des communes . " Il est insupportable de voir que des personnes mises en cause  dans le scandale Publifin soient toujours là.Il faut supprimer les filiales en cascade d'intercommunale  qui ne visent qu' à détricoter le statut des travailleurs", ajoute Muriel Gerkens.

Renforcer la mission de supracommunalité pour le CdH

"Remplacer une structure par une autre ne sert à rien", explique  également la CdH Vinciane Pirmolin mais là aussi, c’est le mot réforme . L’enseignement est une vrai plus value mais il faut peut être voir s’il faut garder toutes les autres compétences. Il faut renforcer la mission supracommunale , d’accompagnement les communes par exemple dans leur développement numérique, ajoute le CdH.

Un bureau d'éthique pour le PTB

"Pas question de faire des économies sur le dos des travailleurs en supprimant les provinces", clame le PTB qui veut la création d’un bureau d’éthique et de transparence pour scanner les intercommunales, "des intercommunales qui doivent devenir 100% publiques " ajoute Rafik Rassaa. Coopératives citoyennes énergétiques, gratuité des musées, remédiation scolaire gratuite sont quelques priorités du PTB.

 

37 ans de majorité PS-MR

Ces 5 partis sont représentés au conseil provincial mais il y a d’autres listes.

Défi plaide pour le maintien des Provinces car la légitimité du suffrage universel est essentielle. Mais le parti d'Olivier Maingain veut aussi une Province recentrée sur ses missions au service du public. Défi veut également mettre un terme aux intercommunales et faire en sorte que la Province reprenne ces missions. 

Le Parti Populaire présente également des listes dans tous les districts. Puis, une série de listes se présentent dans certains districts et ne sont pas complètes: Vega,Oxygène, club citoyen, wallonie insoumise ou encore Agir,la Droite, MPE et Nation.

Quant à une future majorité? Tous voudraient peser sur les changements . La majorité PS-MR en place depuis 37 ans dispose aujourd’hui de 38 sièges, l’opposition de 18.

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