Liège: mandat d'arrêt confirmé pour un délégué syndical

La filiale de Van Gansewinkel à Wandre, victime d'un détrounement de cuivre ?
La filiale de Van Gansewinkel à Wandre, victime d'un détrounement de cuivre ? - © Tous droits réservés

La Chambre du Conseil a confirmé ce vendredi le mandat d'arrêt à charge du délégué syndical de la filiale liégeoise du groupe hollandais Van Gansewinkel. L'homme est accusé d'un trafic international de métaux, de détournement du cuivre récupéré sur des électroménagers à la casse. Deux co-inculpés ont également vu leur incarcération prolongée. L'affaire est pourtant loin d'être claire...

L'intéressé nie farouchement. Il affirme ne pas comprendre en quoi il serait concerné par un détournement de cuivre, par un trafic de métaux. Son avocat, qui a plaidé l'absence d'indices, a demandé, sans succès, sa libération. Et il a souligné quelques bizarreries dans la chronologie de cette affaire.

La société Van Gansewinkel, dans sa filiale de Wandre, recycle de l'électroménager. Elle emploie une main d'oeuvre précaire, souvent des primo-arrivants d'origine étrangère. Les consignes de salubrité et de sécurité, à en croire la FGTB, sont fréquemment sacrifiée aux exigences de rentabilité. L'entreprise est traversée, depuis plusieurs mois, par un mouvement de grogne. Les ouvriers ont ralenti les cadences, ce qui a valu au délégué syndical une procédure de licenciement pour diverses fautes graves dont le sabotage, une procédure que le tribunal du travail a invalidé.

Il apparaît à présent que la plainte déposée par Van Gansewinkel contre son employé date du mois de novembre, c'est-à-dire précisément du moment où les protestations du personnel se sont amplifiées. La période infractionnelle remonterait à l'année 2008. Mais entre ce moment-là et l'automne dernier, il ne s'est rien passé sur le plan judiciaire, malgré, apparemment, deux braquages à main armée.

Alors, la justice liégeoise a-t-elle été instrumentalisée pour éliminer un gêneur, dans le cadre d'un conflit social ? Le parquet du procureur du roi ne semble pas le penser, puisque les trois mandats d'arrêt délivrés par le juge d'instruction ont été prolongés. Mais la question est désormais posée....

Michel Gretry.

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