Liège: les fruits, les écoles et les tracasseries administratives

C'était radis et lait ce vendredi à l'école St Sépulcre
C'était radis et lait ce vendredi à l'école St Sépulcre - © rtbf

L'idée est excellente: une distribution de fruits ou légumes, à chaque élève, une fois par semaine à l'école. Le financement assuré: des subsides européens. L'objectif louable: soutenir les producteurs locaux,permettre aux jeunes de découvrir les producteurs wallons ou encore promouvoir une alimentation saine et équilibrée.

Et pourtant, il y a un grain de sable dans les rouages, les tracasseries administratives découragent les écoles. Elles sont plusieurs dizaines à vouloir tout arrêter.

Difficile d'avancer l'argent pour certaines écoles

972 écoles avaient souscrit au programme soit quelque 220 000 enfants pour l'année 2015-2016. Parmi elles, l'école Saint Sépulcre à Liège mais aujourd'hui son directeur veut tout arrêter: "Les données ont été modifiées cette année-ci. Une complexification administrative fait en sorte que la situation devient ingérable pour les écoles et n'ayant pas de certitude de pouvoir récupérer cet argent alors qu'auparavant il y avait des avances à justifier, ça fera un trou dans la caisse déjà pas bien grosse d'une école. Le budget chez moi correspond à 3.500 euros ce qui veut dire qu'il faut aller chercher cet argent là ailleurs". Concrètement, c'est une possibilité d'achat de matériel ou de sortie pour les élèves qui risque ainsi de passer à la trappe.

Outre le fait qu'il n'y a plus d'avance, le dossier à rentrer pour bénéficier des 10 euros par an et par élève est une caricature des démarches administratives. L'école doit maintenant faire un appel d'offre et obtenir au moins des réponses de 3 producteurs. "Jusque là rien d'anormal, on est dans un programme européen", explique Jean Danis, directeur, "mais après cela se complique. Il faut, par exemple, attester des consultations de tous les fournisseurs sur les sites internets. Il faut imprimer avec date et heure la preuve de ces consultations. Pour les consultations de producteurs par téléphone, on nous demande un procès verbal daté aussi de la conversation téléphonique...". L'école doit prouver endéans le mois l'activité pédagogique qu'elle a réalisé autour du fruit ou légume distribué et envoyé cela par recommandé: "absurde à l'heure du numérique", ajoute ce directeur dégoûté.

C'est pour toutes ces raisons que, malgré l'intérêt du projet, cette école comme des dizaines d'autres arrêtera cette distribution l'an prochain si rien ne change.

Le ministre promet une simplification

Pour le ministre wallon de l'agriculture, René Collin, qui encadre le programme, cela reste une priorité. L'objectif est d'ailleurs d'atteindre la distribution de ces fruits et légumes à 350 000 enfants pour 2020 mais il le reconnait: il faut simplifier. "On a voulu faire un marché centralisé au niveau de la Wallonie mais des opérateurs s' y sont opposés  en disant on ne pourra pas concourir à toute une série de marchés locaux. Mais, ce sont des procédures qui sont trop compliquées. Je l'admets bien volontiers et il faut absolument simplifier les choses indépendamment des exigences de l'Europe. Je veux rassurer vraiment toutes les écoles: toutes les déclarations de créance seront honorées et pour l'année prochaine, on va même mettre au point un système de modèle de marché public que les écoles pourront utiliser si elles le veulent", annonce René Collin.

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