Liège: les émeutes dans le Carré interpellent les autorités judiciaires et communales

Les autorités liégeoises ne veulent plus de débordements comme il y en a eu encore ce week-end dans le Carré.
Les autorités liégeoises ne veulent plus de débordements comme il y en a eu encore ce week-end dans le Carré. - © Tous droits réservés

Les autorités liégeoises ne veulent plus de débordements comme il y en a eu encore ce week-end dans le Carré. Ce quartier, sans doute le plus animé de la ville en soirée, a été le théâtre d'une véritable émeute, une bagarre entre jeunes et policiers. Voilà qui pourrait relancer l'idée d'un couvre-feu.

Les faits qui se sont passés dans la nuit de vendredi à samedi interpellent les autorités judiciaires et communales. Au départ, vers quatre heures du matin, la police locale de Liège doit intervenir pour une bagarre entre deux filles. Philippe Dulieu, Procureur du Roi de Liège: "La police est intervenue. Des badauds se trouvaient déjà présents, en train de regarder la bagarre, ils ont été pris à partie immédiatement, ont appelé du renfort, et la situation n'a fait que de s'envenimer, les individus présents s'emparant de projectiles, de pavés notamment, pour les lancer sur les forces de l'ordre. Des renforts très importants ont été appelés dans toutes les zones avoisinantes".

Six personnes privées de liberté

Au total, 6 personnes ont été privées de liberté. Dans le Carré, un endroit festif de Liège, la tolérance zéro est appliquée par le parquet de Liège. Philippe Dulieu: "Les problèmes qui se passent sont essentiellement des faits de violence, des faits de vols parfois avec violence, des faits de dégradation du mobilier urbain notamment ou à des commerces. Nous avons donc décidé de faire une politique criminelle liée à un secteur géographique sans nécessairement tenir compte des antécédents d'une personne, ni de la gravité d'un fait commis, mais de ne plus rien laisser passer. Tolérance zéro".

Huit policiers blessés

Un commissaire de police dont l'objectif était d'établir le contact avec les personnes situées dans le Carré reçoit un projectile sur la tête. Il doit être évacué. Christian Beaupère, le Chef de Corps de la police de Liège: "C'est tout à fait inadmissible parce que nous sommes tout de même là pour assurer le bon ordre et la protection des jeunes. Je me mets aussi à la place des parents qui voient leurs jeunes dans le Carré puis qui ressortent de là avec une bagarre généralisée et qui ont reçu des coups. Parce que dans un premier temps évidemment, les bagarres se font entre jeunes, nous devons donc intervenir, nous sommes là pour ça. Et puis alors ça se retourne contre nous et nous devons déplorer 8 policiers blessés dont un, qui est le commissaire, qui est allé à la négociation, sans provocation, sans bouclier, sans casque, et qui, pour toute réponse, a reçu une bouteille dans le visage qui lui a occasionné une commotion cérébrale et 5 points de suture. C'est inadmissible".

Vers un couvre-feu?

Il n'est pas exclu qu'un couvre-feu soit décidé par les autorités communales. Ce qui interpelle le bourgmestre Willy Demeyer, c'est la problématique de l'alcool: "On constate que certains arrivent déjà saouls dans le Carré. Ils ont chipé une bouteille dans le bar des parents, ils se sont approvisionnés à la petite surface au départ du bus, ils ont acheté dans un magasin... Donc c'est un problème plus large que celui du Carré, c'est le problème de l'alcool en général".

La chambre du conseil confirmera ou non le maintien en détention des personnes placées sous mandat d'arrêt.

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