Liège: les 100 ans de l'affaire de la Villa des Hirondelles

La Villa des Hirondelles aujourd'hui
La Villa des Hirondelles aujourd'hui - © RTBF - Martial Giot

Il y a 100 ans, le 8 mars 1918, l’occupant allemand infligeait au réseau de renseignement la Dame Blanche créé par le Liégeois Walthère Dewé son plus important revers de la première guerre mondiale.

Ce jour-là, deux policiers allemands découvrent un refuge du réseau, une villa de Wandre, la Villa des Hirondelles. Ils y arrêtent six personnes et mettent la main sur des documents et des armes. Un coup de filet réalisé par hasard, car les Allemands ignoraient que la Villa des Hirondelles était un repaire d’espions.

Une "amourette" qui provoque une dénonciation

Si deux agents de la Polizeistelle se rendent à Wandre ce 8 mars 1918, c’est en effet pour une affaire sans rapport avec la Dame Blanche. Ils recherchent une Française venue de Maubeuge sans passeport. Elle a été engagée comme servante par les Reymen qui habitent place Wérihet. Elle s’est fiancée à un vieux garçon cossu. La sœur et la nièce de ce dernier espéraient en hériter. Pour se débarrasser de l'importune, elles l’ont, anonymement, dénoncée aux Allemands.

Place Wérihet, les policiers trouvent porte close, mais un passant leur indique que Monsieur Reymen possède une autre maison, un peu plus loin : la Villa des Hirondelles.

Là, l’arrivée des policiers va semer la confusion. Elle tournera à l’avantage des Allemands. Ils arrêtent la responsable du refuge, Jeanne Goeseels, sa femme de ménage et quatre agents de renseignement.

Deux condamnations à mort

Jeanne Goeseels parvient à avertir le réseau ce qui limitera les conséquences. Elle convainc les Allemands que deux des agents arrêtés sont innocents. Ils seront libérés. Elle-même sera  condamnée à mort, une peine ensuite commuée en travaux forcés à perpétuité. Elle ne pourra rien faire par contre pour les deux autres agents, les frères Louis et Anthony Collard, originaires de Tintigny, en Gaume. Trouvés en possession de documents compromettants, ils seront fusillés le 18 juillet au fort de la Chartreuse. Ils sont les deux seuls agents de la Dame Blanche qui ont été exécutés par les Allemands au cours du premier conflit mondial.

Après la guerre, tous les autres résistants exécutés à la Chartreuse ont été exhumés et transférés dans d'autres cimetières, Louis et Anthony Collard sont les seuls qui reposent toujours au Bastion des fusillés.

 

 

 

  

 

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