Liège: le quartier Sainte-Marguerite commémore le drame de Fontainebleau

Le monument, récemment vandalisé. Les plaques métalliques sur lesquelles figuraient les noms des 95 victimes ont été volées.
Le monument, récemment vandalisé. Les plaques métalliques sur lesquelles figuraient les noms des 95 victimes ont été volées. - © RTBF - Martial Giot

Comme chaque année, le quartier Sainte-Marguerite à Liège se souvient ce vendredi. Il commémore un événement qui l’a endeuillé il y a 74 ans exactement. C'était le 7 septembre 1944, sur le coup de 14H, à la veille de la libération de la ville.

Pour freiner l’arrivée des troupes alliées, l’armée allemande avait fait sauter un char léger rempli d'explosifs à l'entrée de la partie basse de la rue Sainte-Marguerite, près du carrefour de Fontainebleau. L'explosion avait tué 95 personnes et détruit plusieurs maisons. Maurice Waha, un habitant du quartier qui avait tenté d'empêcher le carnage, avait, lui-aussi, perdu la vie.

En ce 7 septembre 1944, les Américains approchent de Liège. Les Allemands cherchent à mettre des obstacles sur leur route. Christian Fischer, président du Comité de quartier Val de la Légia: "L'idée est venue, malheureusement, de faire exploser un char à l'entrée de la rue. Maurice Waha a vu monter ce char et il a compris ce qu'il allait se passer. Il a sauté sur le char pour tenter d'empêcher cette explosion. Malheureusement, il a sauté avec le char".

Jean Schellings était là: "J'avais 7 ans. Nous nous sommes penchés à la fenêtre avec mon père, et là j'ai vu au coin de la rue un gros char. Et puis à un moment donné, le char a tiré, probablement -je l'ai appris après- sur le char où Maurice Waha essayait d'arracher une mèche ou une antenne, et nous nous sommes précipités tous dans la cave. Un quart d'heure après, on est remontés, et je me rappelle d'avoir vu passer des gens qui criaient après leur mère. Je me souviens être sorti avec mon papa pour essayer d'aider les gens, et je me rappelle de trainées de sang sur les deux trottoirs".

"Pendant le temps de midi, c'était la période pour aller chercher le pain avec les tickets de rationnement" se souvient Christian Fischer. "On attendait des heures et des heures. Il y avait deux files devant la boulangerie qui se situait à l'endroit où le char a explosé, à peut-être 5 ou 10 mètres".

Les Allemands ont aussi fait sauter deux autres petits blindés remplis de dynamite au pied de la rue de Campine et au Cadran. Ils n'ont fait que des dégâts matériels. Aucun de ces actes n'a réellement gêné la progression des troupes alliées.