Liège: la mobilisation s'organise pour sauvegarder la dentisterie à Bavière

Liège: la mobilisation s'organise pour sauvegarder la dentisterie à Bavière
Liège: la mobilisation s'organise pour sauvegarder la dentisterie à Bavière - © Tous droits réservés

A Liège, environ une centaine de personnes s'étaient mobilisées vendredi soir devant le bâtiment de la dentisterie sur le site de Bavière. Ils étaient là pour manifester leur soutien à Alain De Clerck dans son combat patrimonial. Voilà maintenant plus d'une semaine que l'artiste liégeois Alain de Clerck a entamé sa grève de la faim pour sauvegarder cet immeuble témoin de l'architecture moderniste de la fin des années 30. Il demande qu'ion cède le bâtiment aux artistes liégeois. L'arrêté de démolition a été signé par le bourgmestre socialiste pour des questions de sécurité et de salubrité. Mais La mobilisation s'organise autour de l'artiste qui s'est installé dans une caravane sur le quai de la dérivation. Et la nuit tombée, une projection vidéo sur la façade a simulé symboliquement l'effondrement du bâtiment. 

Le bourgmestre maintient son arrêté de démolition pour cause de sécurité 

De son côté, le  bourgmestre ne compte pas actuellement revenir sur sa décision. Il a demandé au propriétaire du site de Bavière - la Société Foncière de Bavière- de faire raser le bâtiment de dentisterie suite au courrier dans lequel le promoteur Yves Bacquelaine affirme ne plus pouvoir assurer la sécurité du bâtiment. Dans quels délais envisage-t-il la démolition?  "Il faudra d'abord au moins deux semaines pour désamianter mais avant il y a le problème de l'autorisation qui prend du temps. Pour démolir, ce sera une quarantaine de jours"

Conserver le bâtiment? "Depuis 5 ans j'ai été ouvert" affirme le promoteur

A la question de savoir pourquoi la conservation du bâtiment ancien de la dentisterie n'intéressait pas le promoteur, Yves Bacquelaine répond: "si on avait trouvé quelque chose d'intéressant à y faire, moi je ne voyais aucun inconvénient à essayer de donner satisfaction à ceux qui auraient fait des propositions. Mais j'ai répété à plusieurs reprises depuis 5 ans -et encore lors de la présentation de l'étude d'incidence en 2016 et 2017-  que si quelqu'un me présentait quelque chose qui tient debout et une utilisation future du bâtiment, je la regarderais avec sympathie. J'ai vu monsieur De Clerck à quatre reprises. J'ai été ouvert. Maintenant, c'était libre depuis 2002, je vois mal qu'on trouve une fonction dans le mois qui vient". 

 "Du patrimoine, à Liège, on en casse trop" selon l'opposition écolo

Il sera difficile pour le bourgmestre de Liège de ne pas aborder le sujet au conseil communal de lundi.
Plusieurs partis dans l'opposition ont prévu d'interpeller la majorité. Vega s'interroge: le collège prend-il ses responsabilités en matière de patrimoine?. Le PTB lui, demande à Willy Demeyer s'il persiste à maintenir l'arrêté de démolition. Le conseiller écolo Quentin le Bussy réclame même un débat plus large au conseil communal: "sur un enjeu comme celui-là qui passionne, qui cristallise parce qu'on sait bien que du patrimoine à Liège, il y en a mais on en casse beaucoup, on en casse trop, ça mérite un débat. D'autant plus que les raisons qui fondent l'arrêté de démolition ne me semblent pas correspondre au règlement communal. Le bâtiment , il est sain. On va proposer un moratoire sur les destructions patrimoniales à Liège."    

Une pétition pour placer la dentisterie sur la liste de sauvegarde patrimoniale

Autre interpellation, mais du côté de la majorité cette fois, celle du  conseiller socialiste Jean-Paul Bonjean. Il ne défend pas le bâtiment de la dentisterie. Mais il propose plutôt la création d'un centre d'art contemporain. 
Enfin, lundi soir, les défenseurs du bâtiment de dentisterie annoncent une manifestation devant l'hôtel de ville. Et Alain De Clerck compte en profiter pour remettre au bourgmestre les signatures d'une pétition qu'il a lancée pour placer l'immeuble moderniste sur la liste de sauvegarde patrimoniale de la Région wallonne.

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