Liège: la maman d'un djihadiste tué en Syrie débat avec des jeunes

Saliha Ben Ali témoigne au cinéma Sauvenière en présence de la réalisatrice de "La chambre vide", Jasna Krajinovic
Saliha Ben Ali témoigne au cinéma Sauvenière en présence de la réalisatrice de "La chambre vide", Jasna Krajinovic - © Tous droits réservés

Hier, environ 200 élèves du secondaire ont assisté à la projection du film "La chambre vide". Ce documentaire produit par le liégeois Dérives est consacré à ces parents qui luttent contre l'endoctrinement de leurs enfants par des réseaux djihadistes. La réalisatrice Jasna Krajinovic a suivi pendant plusieurs mois Saliha Ben Ali et sa famille dont le fils Sabri est parti combattre en Syrie où il est mort en 2013. Il avait 19 ans. Depuis, cette maman musulmane a fondé l'asbl S.A.V.E. qui lutte contre la radicalisation violente. Elle témoigne régulièrement dans les écoles et les associations. La Ville de Liège a lancé un projet pour mettre au point des outils de prévention de la radicalisation violente. C'est dans ce cadre, qu'elle organisait au cinéma Sauvenière une matinée réservée aux écoles avec la projection du documentaire suivi d'un débat.

Après la projection présente dans la salle, Saliha Ben Ali a répondu aux questions du public. A une personne qui lui demandait si elle avait vu des signes avant-coureurs de l'engagement radical de son fils, elle répond: "ce qui m'a inquiété, ce n'est pas les 5 prières par jour qu'il faisait parce que nous sommes musulmans. Ce qui m'a inquiété c'est quand il a arrêté le sport parce qu'il trouvait que ça l'empêchait de prier à l'heure et que, de toute façon, c'était mieux d'étudier le Coran. Il s'est coupé de ses amis d'enfance en disant qu'ils n'étaient pas de bons musulmans. Il était de moins en moins présent à la maison..."

A la sortie du débat, Marouane et Shuib, deux élèves de 18 ans du secondaire ont apprécié le dialogue avec les jeunes: "le film aussi était bien. Ca a répondu à beaucoup de questions qu'on avait. Nous sommes une majorité de musulmans à l'école. La radicalisation, c'est le grand sujet de discussion. C'est très important d'en parler à l'école pour ne pas tomber dedans."  Et à la question de savoir s'ils connaissent des élèves dont ils ont l'impression qu'ils sont tentés de partir en Syrie, les deux jeunes répondent que non. "Il faut vraiment aborder le sujet, le mettre sur la table. C'est bien de montrer comment éviter la radicalisation."

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