Liège : la biotech Imcyse lève 21 millions d'euros et accueille Pfizer dans son capital

Un des laboratoires d'Imcyse
Un des laboratoires d'Imcyse - © RTBF - Martial Giot

Imcyse, une société de biotechnologie de Liège, vient d’accueillir un nouvel investisseur dans son capital : le géant pharmaceutique américain Pfizer.

Imcyse lève actuellement des fonds pour financer son développement. Elle a rassemblé jusqu’ici un peu plus de 21 millions d’euros, dont une partie est donc investie par Pfizer.

"Imcyse est née en 2011 comme une spin-off de la KUL.", raconte Denis Bedoret, son directeur général, "Elle a, au cours du temps, développé un site à Liège qui est devenu le site principal où aujourd’hui on emploie une trentaine de personnes. Imcyse est une société qui est spécialisée dans le développement de thérapies contre les maladies auto-immunes sévères et chroniques en général. Donc parmi nos indications, on va retrouver le diabète de type 1, la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, par exemple. Aujourd’hui, toutes ces maladies auto-immunitaires ont, dans le meilleur des cas, des thérapies qui ralentissent leur évolution mais aucune qui vraiment les guérisse. Nous, notre approche vise à la fois à potentiellement guérir ces patients mais en plus à le faire d’une manière très spécifique qui évite le développement d’effets secondaires indésirables, très sévères. Des maladies, comme la NMO (la neuromyélite optique) sur laquelle on travaille, c’est une maladie orpheline qui ne concerne pas des centaines de milliers de personnes dans le monde, par contre des maladies comme la sclérose en plaques, le diabète de type 1 ou la polyarthrite rhumatoïde, là on parle de dizaines de millions de personnes dans le monde qui peuvent être potentiellement aidées par notre technologie. L’indication la plus avancée étant le diabète de type 1, pour lequel on est rentrés en phase 2, il faut encore compter quelques années de recherches cliniques avant qu’on puisse envisager de commercialiser notre approche."

Transformation de la collaboration avec Pfizer

Imcyse avait déjà un accord de collaboration avec Pfizer. "Nous avions en cours une collaboration de type R&D sur la polyarthrite rhumatoïde avec Pfizer.", explique Denis Bedoret, "Ça correspond un petit peu à des fiançailles si on veut. Ici, on a transformé cette collaboration en un investissement à long terme, à la fois par une prise d’actions dans le capital de la société et aussi par la réalisation d’un accord de licence avec Pfizer sur cette indication pour que, à terme, ils la développent et qu’ils la commercialisent potentiellement. La collaboration avec Pfizer qui se transforme en un accord de licence et une prise d’actions dans le capital de la société est à la fois une reconnaissance de la qualité du travail des équipes et, aussi et surtout, une validation de l’approche technologique de la société et donc ça nous permet d’augmenter vraiment la crédibilité de notre société vis-à-vis des autres acteurs. L’arrivée de Pfizer nous permet plus facilement d’ouvrir certaines portes, que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde, à travers des investissements ou d’autres collaborations avec des grands groupes pharmaceutiques."

Déménagement

Que doivent permettre les fonds levés ? "D’accélérer le développement clinique des indications en cours et de couvrir les besoins de développement de la société pour les deux à trois prochaines années."

Imcyse est installée au centre GIGA, au CHU de Liège, mais son directeur général annonce : "On a prévu de déménager début avril dans un nouveau bâtiment sur le parc scientifique. On commence à être un petit peu à l’étroit dans le GIGA et si on veut continuer à développer l’équipe et le nombre de collaborateurs, on a besoin de plus d’espace et d’espaces de labos qui représentent ce qu’on peut trouver de mieux en termes d’équipements. Pour une société comme la nôtre, l’idée n’est pas nécessairement de faire grossir l’équipe à une vitesse accélérée, mais on est aujourd’hui avec des plans qui pourraient permettre de se retrouver à une cinquantaine d’ici quelques petites années."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK