Cinq ans avec sursis pour avoir abrégé les souffrances de son épouse

Jacques P. a fait absorber une grande quantité de médicaments mélangés à un verre de porto pour provoquer le décès de cette dame qu'il aimait profondément depuis 43 ans.
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Jacques P. a fait absorber une grande quantité de médicaments mélangés à un verre de porto pour provoquer le décès de cette dame qu'il aimait profondément depuis 43 ans. - © Alberto Biscalchin - FLICKR

Un habitant de Fexhe-Slins âgé de 73 ans a été condamné ce vendredi par le tribunal correctionnel de Liège à une peine de 5 ans de prison avec sursis après avoir commis l'homicide par empoisonnement de son épouse. Le prévenu avait accédé à la demande de son épouse souffrante et qui n'avait pas droit à l'euthanasie.

Jacques P. avait commis le meurtre de son épouse par administration de substances qui peuvent causer la mort. La dame qu'il aimait profondément depuis 43 ans était âgée de 86 ans. Il lui avait fait absorber une grande quantité de médicaments écrasés et mélangés à un verre de porto pour provoquer son décès.

La dame était gravement malade. Elle souffrait d'une polyarthrose diffuse qui lui occasionnait d'importantes souffrances. Elle ne pouvait accéder à une procédure d'euthanasie mais elle avait émis le souhait, auprès de nombreuses personnes, de mourir afin de ne plus souffrir. Son mari avait confirmé qu'elle avait multiplié les demandes afin qu'il provoque lui-même le suicide assisté. La dame était décédée le 9 octobre 2009 après une absorption massive de médicaments.

Le prévenu avait réclamé son acquittement et soutenait qu'il avait posé un acte d'amour face à la souffrance de son épouse. Son avocat avait plaidé la contrainte irrésistible. Mais le tribunal n'a pas retenu cette cause d'excuse, soulignant que le prévenu avait conservé son libre arbitre et qu'il n'avait pas employé d'autres solutions adéquates comme l'hospitalisation ou le placement en maison de soins.

Le tribunal a pris compte de l'ancienneté des faits ainsi que de la personnalité du prévenu qui avait été confronté à la détresse morale de son épouse avant de le condamner à une peine de 5 ans de prison avec sursis.

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