Liège: l'asbl Parents-Secours a de plus en plus besoin de familles d'accueil temporaire pour les enfants

Les demandes d'hébergement temporaire explosent depuis la pandémie
Les demandes d'hébergement temporaire explosent depuis la pandémie - © Françoise Dubois RTBF

Une affichette apposée à la fenêtre d’un rez-de-chaussée, un adulte qui prend un enfant par la main, deux mots "Parents-Secours". Dès qu’un enfant, perdu ou en détresse, aperçoit ce signe, il sait qu’il peut frapper à la porte et qu’il obtiendra de l’aide.

Parents-Secours est née au Canada et ce concept est arrivé en Belgique dans la foulée de l’affaire Dutroux.

En région liégeoise, 500 familles sont ainsi volontaires pour aider ces enfants mais l’association a voulu aller plus loin, répondre à un autre besoin urgent : l’hébergement temporaire

Cinq jours maximum

"On s’est rendu compte que certaines familles avaient besoin que leurs enfants soient gardés mais temporairement. C’est maximum 5 jours, le temps que la famille puisse retomber sur ses pieds, de résoudre quelques problèmes ou le temps que d’autres services qui s’occupent de l’enfant trouvent une solution à plus long terme", explique Elisa Lovato, la responsable communication de Parents-Secours.

En 2020, le nombre de demandes d’hébergement temporaire a augmenté : "c’est puissance 10 avec la pandémie. On a reçu 60 demandes, on a pu trouver une solution pour la moitié d’entre elles. Avec la pandémie, des familles monoparentales, des mamans qui étaient déjà isolées l’ont encore été un peu plus. Certaines qui pouvaient compter sur des proches, ce sont aussi retrouvées isolées. Et puis le confinement, l’absence d’école à certains moments, de travail aussi, ça crée des tensions et des conflits", ajoute Elisa Lovato.

Enquête de moralité

Huguette Portier-Dumalin est une de ces hébergeuses d’urgence. Son métier, elle l’exerce à domicile. Cette jeune grand-mère de 4 petits-enfants a un peu de temps disponible : "j’ai toujours vu cette affiche Parents-Secours chez mes parents mais jamais aucun enfant n’est venu sonner. Quand, avec mon mari, on a décidé aussi d’apposer cette affiche, l’assistante sociale nous a expliqué qu’on pouvait aussi être un hébergement d’urgence. On a tout de suite saisi cette opportunité parce que c’est plus efficace, c’est plus concret que d’attendre qu’un enfant sonne pour avoir de l’aide. On sait que c’est une situation pour quelques jours, une aide temporaire, c’est dans ces conditions-là que je me suis engagée parce que j’ai des petits enfants et qu’ils restent évidemment ma priorité". En novembre dernier, Huguette a ainsi accueilli une petite fille de 3 ans : "la maman devait accoucher de son deuxième enfant, une césarienne programmée, mais elle était seule et n’avait personne pour s’occuper de la petite. La petite s’est tout de suite comme chez elle, elle a joué avec mes petits enfants, je l’ai conduite à l’école aussi".

Du 8 au 12 février, Parents-secours organise une semaine de sensibilisation Tant pour l’hébergement que pour l’aide aux enfants en difficulté. 200 familles sont actuellement bénévoles pour héberger en urgence ces enfants, il en faudrait bien plus. Pour être hébergeur, il faut avoir 21 ans minimum et se soumettre à une enquête de moralité par le parquet de la famille et l’assistante sociale de l’association.

 

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