Liège : l'ancienne clinique Sainte-Rosalie vit ses derniers instants

Le chantier de démolition est déjà bien entamé.
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Le chantier de démolition est déjà bien entamé. - © RTBF

Il n’y aura pas de fracas, pas de boule de démolition. L’ancienne clinique Sainte-Rosalie, dans le Laveu, va disparaître en toute discrétion, dans les jours et semaines qui viennent.

Ce bâtiment néogothique, de la fin du XIXe siècle sera démonté, pierre par pierre, carrelage par carrelage. Les travaux de désamiantage sont à présent achevés, les lames de parquet massif ont été retirées, laissant place à un trou béant entre le premier étage et le rez-de-chaussée. Objectif : faire place nette pour un parking et faciliter l’accès au tout nouveau bâtiment du CHR construit à quelques mètres de là.

Chapelle et crucifix

L’ancien hôpital Saint-Rosalie a accueilli ses premiers patients en 1897, sous l’autorité inflexible des religieuses de la congrégation des " filles de la charité ". La petite chapelle aux carrelages beiges et les traces laissées aux murs par quelques crucifix ne laissent planer aucun doute sur le passé religieux du bâtiment.

D’abord aide-soignante, puis préposée à l’accueil avant de devenir archiviste, Marie-Anne Nyssen s’est consacrée à la vie de la polyclinique pendant plus de quatre décennies. A son entrée en fonction, en 1978, ordre et discipline sont les maîtres mots.

 

Sœur Rose, elle est pisse-vinaigre, mais terriblement efficace

Celle qui est aujourd’hui responsable du service administratif, se souvient avec précision de la redoutée Sœur Rose qui maniait avec brio l’art de mettre au pas ses subalternes. " Dès mon arrivée, on m’a prévenue : tu verras, sœur Rose, elle est pisse-vinaigre, mais elle est terriblement efficace. "

Sous les combles, plusieurs cellules austères, spartiates : les toutes premières chambres des religieuses. Dans l’une d’elles, s’entassent quelques manuels de médecine, factures et autres documents administratifs, des archives oubliées, à présent vouées à la destruction.

En 1998, la clinique Saint-Rosalie fusionne avec le CHR de la citadelle. Il faut alors gommer l’identité Chrétienne du lieu. " Tous les crucifix ont été décrochés, les vierges et les chaises de chapelle ont été données à des couvents ou des églises ", raconte Marie-Anne Nyssen.

 

C’est l’avenir qui est important

En se frayant un chemin parmi les gravats, la responsable administrative peine à masquer son émotion. " On pense à tous les gens qui ont travaillé ici et qu’on a côtoyés pendant tant d’années. Ce bâtiment a une âme et c’est dommage qu’il s’en aille ". Mais elle le concède, le moment était bien choisi pour aller de l’avant : " le nouveau bâtiment, c’est le progrès. Cela va aussi améliorer la mobilité dans le quartier. C’est l’avenir qui est important ".

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