Liège: "L'algorithme de Cupidon", un livre sur les rencontres en ligne

Liège: "L'algorithme de Cupidon", un livre sur les rencontres en ligne
Liège: "L'algorithme de Cupidon", un livre sur les rencontres en ligne - © DR

Fabrice Di Mino, un jeune liégeois, vient de sortir son premier livre. Un livre sur les sites et les applications de rencontres. Son nom: "L'algorithme de Cupidon".

Tinder, Badoo, Happn, Bumble... c'est là qu'on fait des rencontres. Mais est-ce qu'on peut faire confiance à une application pour trouver un partenaire? Réponse avec Fabrice Di Mino, notre invité ce vendredi dans Liège-Matin.

Lorsqu'on demande à une application de nous trouver un.e partenaire, n'est-ce pas prendre le risque de s’en remettre au hasard le plus complet et de perdre sa liberté de choix?

"Le hasard, non, mais ce serait plutôt laisser la liberté à des algorithmes qui sont programmés pour fonctionner comme un dispositif manipulateur qui n'est ni neutre ni impartial avec tous les utilisateurs. Tinder, par exemple, fonctionne avec ce qu'on appelle une note de désirabilité qui est attribuée aux utilisateurs. Concrètement, c'est un filtrage. On nous propose des profils selon des critères indépendants de notre volonté, sans pouvoir voir tout le monde, alors que, finalement, hors internet, on a l'occasion de tenter sa chance avec n'importe quel inconnu, sans filtrage".

Des études ont montré que de plus en plus de rencontres commencent virtuellement. Est-ce que c'est un phénomène qui s'est accentué depuis le déclenchement de la pandémie de coronavirus?

"Oui, inévitablement. Si on regarde les chiffres publiés par Tinder il y a 15 jours, on constate une croissance de 28% pour les inscriptions, et une augmentation de 31% des revenus par rapport à l'année passée. Le phénomène s'accentue, oui, car tous les lieux de sociabilité, comme le restaurant, les bars, les universités, sont fermés. Donc aller sur les applications de rencontres représente une solution idéale pour les nombreux liégeois qui franchissent le pas".

Beaucoup de clichés tournent autour de ces applications. Qu'est-ce qu'on va vraiment chercher sur Tinder?

"Contrairement à ce que tout le monde croit, tout le monde n'est pas en quête de simple aventure sexuelle sur Tinder. Selon plusieurs études internationales, et selon Test-Achats ici pour la Belgique, l'utilisation des applications de rencontres dépend des besoins de chacun. En Belgique, on cherche avant tout un partenaire durable quand on a entre 25 et 45 ans. C'est surtout chez les jeunes qu'on va plutôt avoir des relations éphémères avant de se caser. Après, il y a des dizaines d'autres raisons pour lesquelles les gens utilisent des applications de rencontres, comme la curiosité, ou pour flatter son ego, et plein d'autres raisons étonnantes expliquées dans le livre".

Facebook est étrangement absent de ce grand marché des relations virtuelles. Mais est-ce qu'il est en train de préparer une offensive?

"Facebook, c'est vrai, a tardé à arriver. Il devait normalement débarquer en février dernier, à l'occasion de la Saint-Valentin. Mais à cause d'un manque de transparence auprès de la commission de protection des données, ça a retardé les rencontres via Facebook. Mais, depuis fin octobre, Facebook rencontres est enfin disponible en Europe et en Belgique. Facebook va du coup, pour moi, faire des ravages avec toutes les données utilisateurs qu'il détient sur chacun depuis des années. Et il faudra suivre cela attentivement parce que c'est quand même une petite révolution".

"L’algorithme de Cupidon", par Fabrice Di Mino, est disponible sur Amazon en version papier ou ebook, ou en ebook sur la plateforme Kobo (10 et 15€).

 

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