Liège: il y a 20 ans disparaissait La Wallonie

Il y a vingt-ans disparaissait La Wallonie
Il y a vingt-ans disparaissait La Wallonie - © Maison de la Presse et de la Communication de Liège

Le 23 mars 1998 marquait la fin du journal La Wallonie dont les différentes rédactions couvraient l’actualité régionale, mais pas seulement! Avec sa disparition, c’est une page importante de l’histoire de la presse liégeoise qui se tournait.

Ce titre de presse, créé en 1920 était celui de la Fédération des Métallurgistes de Liège. Il était teinté politiquement puisqu’il reflétait l’opinion syndicaliste de gauche. Daniel Renard, qui en en était son rédacteur en chef-adjoint admet que ce journal pouvait être considéré comme rébarbatif par une certaine part du lectorat parce que c’était un journal de gauche et syndical qui se heurtait à l’époque, à La Meuse qui était un journal hyper populiste et très à droite.

Un traitement de l'information sportive unique

Pour expliquer que ce journal ait tant marqué les Liégeois, Daniel Renard déclare d’abord que c’est parce qu’il était bien fait. Une autre caractéristique forte de ce journal: ses choix éditoriaux dans le domaine du sport. Nous avions la sympathie des gens parce qu’en sport, on était tout simplement les meilleurs. (...) Je pense pouvoir dire que nous étions à la pointe pour tout ce qui concernait le sport régional: nous avions même des comptes-rendus de rencontres des petites divisions provinciales de football, le basket-ball, le tennis de table à la fédération ouvrière...

La Wallonie était très attentive à l'actualité régionale mais pas uniquement. Des journalistes assuraient la couverture de grands événements nationaux et internationaux sportifs ou non (chute du mur de Berlin, génocides au Rwanda, Coupe du Monde de football, épopée victorieuse malinoise en Coupe d’Europe...).

Alors que c'est entre-autre grâce au sport, et plus précisément au football que le journal gagne en notoriété, notamment lorsque son nom apparaissait sur les maillots du Royal Football Club Seraing qui évoluait parmi l'élite, c'est pourtant le cahier des sports qui fut d'abord sacrifié. En 1994, René Piron, patron du journal et chef des métallos FGTB, a alors déjà en tête l’idée de créer Le Matin. Un projet que Daniel Renard décrit comme mégalomane car il ne correspondait à aucun créneau, ni a une attente du lectorat

La fin du journal ? Un vrai gâchis !

Un moment terrible pour Daniel Renard qui parle d’un vrai gâchis car il avait à ses côtés et non sous ses ordres précise-t-il, une équipe de jeunes talentueux qu’il avait lui même engagés. Et du jour au lendemain, celles et ceux qui étaient sous contrat sont partis. On a dit à des indépendants, c’est fini il n’y a plus de sport, donc tu ne viens plus demain.

Et quelques semaines plus tard, Daniel Renard jette aussi l'éponge. J’ai fait des cauchemars toutes les nuits, je rêvais de mes amis, de gens avec qui je travaillais (...) Je ne pouvais plus accepter ce qui s’était passé pour des gens envers qui j’avais le plus grand respect. J’ai pris ma clause de conscience (NDLR: clause permet à un journaliste salarié de quitter son emploi de sa propre initiative et sans préavis, tout en bénéficiant d’indemnités légales) et je suis parti, explique celui qui aura passé 20 ans de sa vie dans les bureaux de la Wallonie.

Une grande réunion de famille ce vendredi

Malgré les années, Daniel Renard avoue avoir encore du mal à tourner définitivement la page. Lorsqu’il évoque l’arrêt des activités de la rue de la Régence, il n’hésite pas à parler d’une blessure qui ne se refermera jamais. Et de préciser que La Wallonie était pour lui sa maison et une partie de son cœur.

Une soirée en l’honneur de la dernière parution de La Wallonie est organisée ce vendredi à la Maison de la Presse et de la Communication de Liège. Daniel Renard, au même titre que Michel Coppé (licencié en Histoire) y prendra la parole. S’il a préparé son intervention, il ne garantit pas d’en arriver au bout, tant cela risque de faire remonter des émotions. C’est une commémoration, insiste l’ancien rédacteur en chef des sports. On commémore la mort d’un journal (...) Cela va faire plaisir de se revoir, parce que nous nous croisons plic ploc, mais ici nous serons tous ensemble. 

Archives: le journal «La Wallonie» en 1976

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