Liège : elle a ouvert son bar à vins deux semaines seulement avant la fermeture imposée à l'horeca

Sophie Lemaire n'a pu accueillir des clients dans son bar à vins que durant deux petites semaines depuis son ouverture
Sophie Lemaire n'a pu accueillir des clients dans son bar à vins que durant deux petites semaines depuis son ouverture - © RTBF - Martial Giot

Cafés et restaurants ne savent toujours pas quand ils pourront rouvrir. Ils ont dû fermer le 14 mars à minuit. Certains n’étaient ouverts que depuis peu de temps. C’est le cas de "Allant Droit Allant Verre", un bar à vins de Liège.

Après avoir travaillé 24 ans à la SNCB, Sophie Lemaire a décidé de changer de vie, de vivre de sa passion du vin. Son bar à vin, doublé d’une épicerie fine, elle l’a inauguré le 28 février. Il n’est donc resté ouvert que deux semaines.

Depuis, Sophie Lemaire a vendu, mais épisodiquement, des bouteilles à emporter et de produits de l’épicerie fine. Elle a, par exemple, confectionné avec ces produits des paniers gourmands pour la fête des mères. " Uniquement ouvrir pour vendre des produits d’épicerie fine, ce n’est pas rentable. Les gens achètent souvent les produits d’épicerie fine lorsqu’ils viennent boire du vin dans le bar à vins. ", explique Sophie Lemaire.

Freinée dans son envol

Chaque jour durant les six mois qui ont précédé l’inauguration, elle a travaillé pour faire aboutir son projet. Comment a-t-elle réagi lorsque la fermeture a été imposée, deux semaines seulement après l’ouverture de son établissement ? " La première réaction, c’est la frustration, la tristesse. On est freiné dans son envol en quelque sorte. J’avais déjà des clients qui étaient fidèles, avec lesquels j’avais beaucoup de contacts amicaux, entre guillemets, et voilà… Après deux semaines, on est, quelque part, freiné dans son décollage d’une nouvelle activité. C’est très frustrant. "

L’investissement pour ce type d’établissement est toutefois moins important que celui à consentir pour un restaurant, par exemple. " On n’a pas besoin d’un gros investissement pour démarrer. Le budget s’élève entre 30.000 et 40.000 euros. ", explique Sophie Lemaire. Elle ajoute qu’être une " débutante " peut, dans la situation actuelle, être un avantage : " Quand on est débutant, on est forcément prudent. On se dit : " Comment est-ce que ça va fonctionner, est-ce que je vais avoir du succès, est-ce que les gens vont pousser la porte ? ". Donc on ne s’attend pas à avoir de grosses rentrées les premiers mois. "

L’espoir de reprendre très vite

A-t-elle déjà réfléchi aux mesures qu’elle prendra quand elle sera autorisée à rouvrir ? " Bien sûr. Respecter la distanciation sociale, c’est la condition sine qua non. Une possibilité serait de sacrifier une table sur deux. A part ça, comme les beaux jours arrivent aussi, me servir un peu plus de la terrasse qu’au mois de février, puisqu’il faisait encore froid. "

La réouverture, il faudrait à présent qu’elle ne tarde plus trop. " On espère effectivement reprendre très vite l’activité. Les aides qui nous sont octroyées sont bien précieuses, mais il ne faudrait pas que ça dure parce que, au niveau financier, on ne pourra pas tenir puisque nos charges sont toujours présentes, et bien présentes. Et d’autre part, je crois que la population attend ardemment que nous recommencions parce que je pense que nous avons vraiment dans l’horeca un rôle social extrêmement important à jouer. "

Il n’est pas question pour Sophie Lemaire de se décourager. Elle s’attend à redémarrer de plus belle : " Me décourager, certainement pas. J’attends les clients de pied ferme et je pense que, eux, attendent de revenir de pied ferme. On a déjà eu beaucoup de soutien des clients que j’ai pu côtoyer sur deux semaines. Je suis certaine qu’ils vont revenir en force. "

 

Interview de Thierry Neyens dans le JT du 25/04/2020 à propos de la réouverture de l'horeca