Liège: Ecolo veut relancer le projet de délivrance contrôlée de drogue

Reverra-t-on un jour chez nous la création de salles de consommation de drogue encadrée par des professionnels? Un peu à l'image de TADAM, l'expérience de délivrance contrôlée d'héroïne brutalement interrompue à Liège. Deux propositions de loi ont été déposées il y a près d'un an déjà. Des propositions qui nécessitent des dérogations à la loi sur les stupéfiants. Mais est-ce bien utile? "Oui", estime Muriel Gerkens, la présidente Écolo de la commission santé à la Chambre. Elle suggère d'ailleurs de rendre un avis positif sur ces propositions. Et pour cela, la députée Écolo se base sur de nombreuses études et enquêtes internationales.

L'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg, le Danemark, les Pays-Bas, le Canada, l'Australie... : tous disposent déjà de ce type de salle destinée à l'usager dépendant de drogue dure. Dans la première, l'usager vient avec son produit et sa prise de substance est encadrée: hygiène, nouvelle seringue par exemple. Dans l'autre cas, de la diacétylmorphine, c'est-à-dire de l'héroïne produite à usage médical est fournie.

"La consommation n'augmente pas"

Dans les deux cas, tant au niveau des services médicaux, scientifiques ou policiers, les avis sont en général positifs. On évite des overdoses, les maladies et ça ne pousse pas d'autres personnes à se droguer. Muriel Gerkens: "La consommation n'augmente pas, la consommation visible qui porte préjudice aux autres habitants diminue fortement, la santé des usagers s'améliore. En Allemagne, on considère même qu'on améliore leur employabilité".

Quant au coût, il est aussi à relativiser: "Le coût pour la société est moindre parce que, justement, on ne doit plus incarcérer, on doit moins hospitaliser. Ces gens sont en meilleure santé donc ils coûtent moins cher finalement à la sécurité sociale".

Reste à trouver une majorité pour voter ces propositions.

La France adoptera elle le système l'année prochaine.

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