Liège : deux infirmières de rue devenues les anges gardiens des sans-abri

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Si vous vous baladez dans le centre de Liège, peut-être les avez-vous déjà croisées. Elles sont deux, un sac mauve sur le dos et une boîte de lingettes nettoyantes à portée de main. Elles, ce sont les infirmières de rue. Voilà maintenant quatre mois que Fanny Caprasse et Camille Delvoye vont à la rencontre des personnes sans domicile fixe les plus précarisées de la cité ardente, avec un objectif : la réinsertion.

Tout commence par un simple "bonjour"… et une lingette

Un matin, nous avons suivi les deux infirmières. Jeunes et dynamiques, elles ont 25 ans. Ce jour-là, elles effectuent une "maraude". Elles font le tour de la ville à la recherche de sans-abri. Il ne faut pas chercher bien longtemps, à Liège ils sont 500. Fanny et Camille, elles, ne sont que deux. Impossible d’aider tout le monde, alors elles se concentrent sur les personnes qu’elles considèrent comme les plus vulnérables. "Plus vulnérables ça veut dire les personnes qui présentent un danger au niveau de la mortalité, de la morbidité, la santé physique, mentale et sociale. On va aussi privilégier les personnes très jeunes ou plus âgées ou les femmes. Tous ces critères vont nous permettre de déterminer qui seront nos patients prioritaires" nous explique Camille.

Dans l’une des rues, elles rencontrent un homme. "Bonjour, vous allez bien ? Vous voulez une lingette" lancent-elles directement. La lingette, c’est l’outil indispensable de ces deux infirmières de rue. "Ça permet un premier contact avec l’hygiène. Ça va parfois être un accélérateur, permettre un déclic, et la prochaine fois, de proposer une douche et puis un soin. Et, petit à petit, on va vraiment permettre à la personne de redevenir actrice de sa santé" nous raconte Fanny.

Mais tout cela peut prendre beaucoup de temps. "La première étape, ça va être de créer le lien avec les personnes. Si on ne crée pas ce lien, on n’arrive à rien, mais ça peut prendre des mois." souligne Camille.

Sortir les personnes de la rue

Un peu plus loin, elles rencontrent Christophe, un sans-abri qu’elles suivent régulièrement depuis plusieurs semaines. Cela fait des années qu’il est à la rue. "T’es toujours 'archi' motivé pour le logement ?" lui demande Camille. L’homme aimerait trouver un petit appartement. "On voit ce qu’ils sont prêts à faire dans la journée ou dans la semaine et comment on peut les aider dans leurs démarches" explique l’infirmière. L’objectif des deux jeunes femmes, c’est de sortir de la rue les personnes qu’elles suivent. "Nous, on n’a vraiment pas envie de faire survivre la personne en rue. Ce n’est pas toujours facile de convaincre les propriétaires mais c’est pour ça qu’on est là. On va les rassurer. Nous, on sera là pour faire en sorte que les personnes paient bien leur loyer et entretiennent les lieux" insiste Fanny.

Aujourd’hui, les deux infirmières suivent douze personnes. Six de manière très intensive. Des personnes qu’elles accompagneront jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. Après quatre mois, elles ont déjà réussi à sortir de la rue un homme. Au vu du nombre de sans domicile fixe à Liège, c’est peu, mais pour elles, c’est une première victoire.

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