Liège: des étudiants deviennent non-finançables après avoir suivi... trop de cours

Être obligé d'arrêter ses études à cause d'un excès d'ambition, c'est le problème auquel sont parfois confrontés des étudiants du supérieur.

Lorsqu'on est étudiant, vouloir prendre trop d'avance pour l'année suivante, c'est (dans certains cas) un piège. Car chaque année, les étudiants doivent réussir un certain nombre de crédits pour avoir le droit de poursuivre leur formation. Mais s'ils ambitionnent de valider beaucoup de crédit en une seule année, et qu'ils échouent, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne les finance plus et ils ne peuvent dès lors plus se réinscrire dans la même branche au sein de leur université.

C'est un système en principe connu des étudiants, mais certains d'entre eux le jugent trop sévère parce qu'il laisse parfois sur le carreau des jeunes qui se disent pourtant motivés.

C'est par exemple le cas d'Enzo, 21 ans.   A la fin de sa première année de psycho, il lui reste encore des cours à valider... Mais pas beaucoup : " Je n’ai pas réussi totalement mon année, donc je l’ai recommencée l’année dernière, en ayant en plus pris des cours de deuxième. Si je ne prenais que les cours de première que j’ai raté, je n’avais que quatre heures de cours par semaine. Au final, j’ai raté une bonne partie des cours de deuxième mais ceux de première je les ai réussis ", explique l’étudiant.

Mais au moment de s'inscrire en deuxième année pour les cours restants, c'est un refus. Il se retrouve non-finançable. Pour l'éviter, Enzo aurait dû valider au moins les trois quarts de tous les cours qu'il a suivi pendant l'année… ou se contenter de suivre ses quatre heures de cours de première par semaine. Les règles ont été bien respectées, mais il est quelque part sanctionné pour avoir voulu prendre un peu d'avance.

Un problème connu

Il s'agit d'un problème qui est connu des associations estudiantines, d'où cet appel de Laurent Raedemaker, président de la Fédération des Etudiants de l'ULiège : " C’est peut-être aussi un appel qu’on devrait faire pour que tous les acteurs se retrouvent pour voir les avantages et les inconvénients, et peut-être modifier le décret paysage pour en avoir la version 2 ".

Ce problème, le recteur de l'Université de Liège, Albert Corhay, ne le nie pas et appelle les étudiants à la prudence : " Il est tout à fait logique qu’un étudiant qui a quelques crédits à repasser propose de prendre des cours supplémentaires pour avancer un peu sur les années qui suivent, mais c’est une décision qui est tout à fait personnelle et évidemment, il prend un risque. Il pourrait se retrouver non finançable s’il ne réussit pas suffisamment de cours. Si tel est le cas, il est tout à fait exclu qu’un étudiant finance ses propres études en lieu et place de la Communauté Wallonie-Bruxelles ".

Le financement d'un étudiant représente entre 6.000 et 18.000 euros, selon le type d'études.

Ecoutez le reportage d'Olivier Thunus

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