Liège: dépose complète du tableau déchiré de l'église Sainte-Catherine

Opération de dépose complète pour le tableau déchiré de l'église Sainte-Catherine
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Opération de dépose complète pour le tableau déchiré de l'église Sainte-Catherine - © RTBF - Martial Giot

L'église Sainte-Catherine, située En Neuvice à Liège, possède la plus grande toile de retable de la région liégeoise. Elle est haute d'un peu plus de six mètres. Elle représente le martyre de Sainte Catherine d'Alexandrie. Elle a été peinte par Théodore-Edmond Plumier, un peintre liégeois mort en 1733.

Le 1er juillet dernier, après s'être partiellement désolidarisée de son encadrement, la lourde toile s'est brusquement déchirée. Une dizaine de jours plus tard, la toile avait été sécurisée et la partie déchirée retirée pour être stockée à part.

Ce 23 novembre, la dépose complète de la toile a été réalisée. "On est avec une équipe spécialisée qui va déposer l’œuvre hors de l'autel.", explique au début des opérations la restauratrice d’œuvres d'art Audrey Jeghers, "Grâce à un palan, ils vont soulever le châssis avec la toile et la déposer au sol dans l'église. C'est compliqué parce qu'il y a un encadrement doré qui est fixe sur l'autel, que le poids et la dimension de l’œuvre font que les manipulations sont risquées et que la toile est très fragilisée."

La toile de Théodore-Edmond Plumier n'avait plus quitté son emplacement depuis 200 ans. "Après la Révolution liégeoise, elle avait été enlevée.", explique Frédéric Waleffe, membre du Conseil de Fabrique, attaché au patrimoine, "On ne sait pas si ce n'était que la toile ou la toile avec l'encadrement, mais elle est revenue aux alentours de 1820. Depuis, elle n'a plus quitté son emplacement."

Après un peu plus de deux heures d'efforts, l'équipe parvient au terme de l'opération. La toile repose sur des madriers posés sur le sol de l'église. "Tout c'est très bien passé.", commente Audrey Jeghers, "Quand on commence à travailler comme ça, on ne sait jamais si des difficultés vont se poser en cours de route. Là, tout s'est bien déroulé. L’œuvre est mise au sol. On est content. Maintenant, la toile est accessible également dans sa partie supérieure qui ne l'était pas auparavant, on va vraiment pouvoir observer de près l'état et dresser un protocole de restauration."

Si pour la dépose complète du Martyre de Sainte Catherine un subside a été obtenu, pour le financement de la restauration de la toile, rien n'est encore acquis. "Il y a plusieurs idées qui sont en train de germer. Donc on est en train d'y réfléchir.", explique Frédéric Waleffe, "On compte sur du mécénat, une action publique, éventuellement un crowdfunding. Un petit groupe est en train de se former, on va réfléchir à tout ça pour commencer les opérations début d'année."

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