Liège : agressée en 2013, la professeure n'a toujours pas été indemnisée

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image prétexte - © wikipédia

Professeure de français, Véronique a la passion de son métier. Enseignante dans le secondaire depuis des années, elle ne pensait jamais subir ce qu’elle a subi un jour de 2013 dans "son" école. Ce jour-là, en pleine journée de cours, elle a vu débouler trois jeunes gens encagoulés avec une batte de base-ball. Ils se sont précipités vers elle : "ils ont voulu me faire comprendre que je n’aurais jamais dû agir comme cela", explique-t-elle encore très émue 6 ans plus tard.

Cagoule, batte de base-ball, menaces téléphoniques

Quelques mois auparavant, la professeure avait été témoin d’un petit trafic de drogue à l’école. Un trafic dans lequel était impliquée une élève de sa classe. Elle a porté les faits à la connaissance de ses supérieurs et cela s’est su :"il y a eu une forme de contrat sur ma tête. S’en est suivie une année de harcèlement : voiture griffée, appels téléphoniques, menaces contre moi et mon compagnon." Depuis, Véronique vit l’enfer. Les jeunes ont été interpellés. La professeure a demandé sa mutation mais il a fallu attendre 2018 pour qu’elle l’obtienne : "j’ai même continué à donner cours à cette jeune fille qui n’a pas été renvoyée tout de suite. J’étais accompagnée de personnes qui s’occupent de l’aide aux victimes."

Depuis cette agression, la professeure se bat pour être reconnue comme victime. "Il a fallu de nombreuses expertises et entretiens pour que, finalement, on admette qu’il y a des séquelles psychologiques permanentes", précise-t-elle.

Reconnue comme victime en juin 2019

Véronique a tenu bon pour faire valoir ses droits. "J’ai été épaulée par mon avocat pour aller jusqu’au bout, parce que c’est moi la victime. Je reste traumatisée. Je n’ose plus aller en ville le soir seule, j'ai peur au moindre bruit. Il me faut une puissante lampe de poche dès qu’il fait un peu noir." En juin dernier, l’enseignante obtient enfin un jugement qui lui reconnaît une incapacité permanente partielle et qui lui octroie le paiement d’indemnités. En septembre, le jugement lui est signifié, ce qui le rend "exécutoire" immédiatement :"j’étais enfin soulagée."

Près de 7 ans après son agression, Véronique croyait pouvoir tourner la page, ranger son dossier mais voilà, depuis lors, plus rien. Aucune indemnité, aucun interlocuteur. Elle se sent une nouvelle fois abandonnée. Avec son avocat, elle tente maintenant de récupérer ce qui lui revient : "et je dois encore débourser des sous pour payer un huissier", ajoute-t-elle en dénonçant cette injustice profonde.

"Il doit s’agir d’un simple retard de paiement", nous dit-on, pour l’instant et très prudemment à l’administration générale de l’enseignement de la FWB.

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