Liège: à bout, le personnel soignant manifeste devant le CHU et le CHC MontLégia

A Liège, le personnel du CHC MontLégia et du CHU a manifesté ce jeudi, en début d'après-midi, devant les deux hôpitaux. Des hôpitaux saturés en raison de l'épidémie de coronavirus. Les conditions de travail du personnel sont de plus en plus difficiles. Les blouses blanches réclament des renforts et dénoncent des promesses non tenues.

Au CHU, ce sont des groupes baptisés "Mobilisons-nous" et "Soignants en péril" qui ont appelé à manifester pour dénoncer les conditions de travail actuelles et réclamer la revalorisation de leur profession.

On nous avait promis beaucoup de choses après la première vague

Au MontLégia, l'action est menée à l'appel de la CNE. Isabelle Linder, du groupe santé CHC: "Nous sommes de plus en plus débordés par la situation. Tous les travailleurs sont en surcharge de travail, d'autant plus que pendant cette deuxième vague, la contamination du personnel est très très importante. Après la première vague, on nous avait promis beaucoup de choses: de l'aide, une revalorisation des salaires. Les gens sont franchement déçus. Ils se donnent à fond. On est dans la deuxième vague, et c'est encore pire. On attend de l'aide, mais d'où viendra-t-elle? Les soins de santé, on a tapé dessus pendant des années et des années. Maintenant, des infirmières, il n'y en a plus".

On ne sait plus s'adapter, parce que c'est trop

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Les cris de détresse se succèdent parmi le personnel soignant. © RTBF - Françoise Dubois

Pascale Conrardy est infirmière en unités mobiles. Elle remplace le personnel malade. Aujourd'hui, elle ne sait plus où donner de la tête: "On a tout donné au mois de mars avec la première vague. On pensait avoir des solutions si on avait une deuxième vague. On n'a rien eu du tout. Aujourd'hui, on est des pieuvres, on a des bras partout. On pleure depuis des années après des augmentations de normes, des encadrements supérieurs. Une infirmière qui fait la nuit, ce n'est pas assez pour tout un service. S'il y en a deux qui ne vont pas bien en même temps, il faut faire quoi? C'est parce qu'on est organisés et prévoyants et qu'on s'est toujours adaptés à la situation. Mais là, on ne sait plus s'adapter, parce que c'est trop".

Un nouveau comité de concertation regroupant le fédéral, les régions et les communautés est annoncé ce vendredi.

Une réunion préparatoire est déjà prévue aujourd'hui.

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