Liège : 3 manifestations interdites en période de Covid… Que risquent les manifestants ?

Une nouvelle manifestation est prévue samedi contre le couvre-feu et pour des mesures sanitaires solidaires
Une nouvelle manifestation est prévue samedi contre le couvre-feu et pour des mesures sanitaires solidaires - © Tous droits réservés

Contre le couvre-feu, en hommage à la coiffeuse Alisson ou contre les violences faites aux femmes… En 10 jours, trois manifestations de plus d’une centaine de personnes ont eu lieu à Liège. Des rassemblements interdits par la loi depuis les mesures anti-covid.

Et une autre manifestation contre le couvre-feu est prévue samedi soir…
A chaque rassemblement, la police était présente discrètement. Ce qui sera encore le cas sans doute, samedi.

Alors, que fait la police ?

La porte-parole de la police de Liège, Jadranka Lozina, rappelle que l’arrêté ministériel du premier novembre 2020 sur les mesures anti-covid stipule qu'"un maximum de 100 personnes peut assister à des manifestations statiques sur la voie publique, où la distance sociale peut être respectée, et qui ont été préalablement autorisées par les autorités communales".

Sur place, la police peut théoriquement constater l’infraction et proposer une perception immédiate de 250 euros. En pratique, la police de Liège ne le fait pas directement. Mais elle signale qu’elle est obligée légalement de constater l’infraction. Et de la transmettre à la Justice.

Établir l’identité des manifestants… nombreux et masqués !

La police peut choisir alors d’entamer des recherches après la manifestation à partir de photos et vidéos notamment sur les réseaux sociaux. Par exemple, selon le Parquet de Liège, 8 personnes ont été identifiées à la manifestation contre le couvre-feu, aucune à celle en hommage de la coiffeuse Alisson et 4 à celle contre les violences faites aux femmes. Parmi elles, la secrétaire d’Etat écolo Sarah Schlitz et le porte-parole du PTB Raoul Hedebouw, deux figures politiques reconnaissables.

Que risquent les manifestants identifiés ?

Le PV d’infraction est systématiquement adressé au Parquet qui enverra une proposition de transaction de 250 euros. "En matière de Covid, le procureur ne peut pas choisir d’abandonner les poursuites", précise Damien Leboutte, le procureur de division de Liège. Et en cas de refus de payer l’amende, la personne sera citée à comparaître devant le tribunal de police. Cela risque de lui coûter plus cher. La sanction sera majorée des frais de justice. Avec à la clé, 8 jours à 3 mois de prison et/ou une amende de 26 à 500 euros.

Classé sans suite ?

Pas en matière de mesures anti-covid. Le Collège des procureurs généraux oblige le Parquet à ne pas classer les infractions sans suite. Par contre, si le manifestant commet deux infractions liées au Covid – le rassemblement interdit et le non-respect du couvre-feu, par exemple – "une seule amende de 250 euros sera réclamée", précise encore le Parquet.

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