Vie de lévriers: "Quand le chien ne gagne pas d'argent, il est 'jeté'"

Lévriers: des chiens au sort parfois peu enviable
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Les lévriers sont les chiens les plus rapides du monde. L'homme l'a bien compris. Il a fait des courses de lévriers un spectacle. Une compétition internationale avait d'ailleurs lieu ce week-end à Awans en région liégeoise. Une compétition bon enfant mais ce n'est pas toujours le cas. En Espagne, la chasse à courre avec le galgo, le lévrier espagnol, est un business dans lequel chaque année, 60.000 de ces chiens sont abandonnés, maltraités, voire tués.

On vient pour voir courir nos chiens

Nous nous sommes rendus ce week-end à Awans. Partis à toute vitesse, les lévriers courent après le titre mondial. Sur la piste, six barzoi, des lévriers pouvant atteindre 50 km/h. La course est rapide, à peine 40 secondes. Mais à l'arrivée, la joie des maitres est immense. Le chien de Tony Vandenbrule, le Belge du groupe, a raflé la deuxième place et un petit cadeau : "Ce n'est pas grand-chose, un boudin de viande et une toute petite coupe pour un championnat du monde, mais on ne vient pas pour la coupe, on ne vient pas pour le boudin, on vient pour voir courir nos chiens et on fait des milliers de kilomètres l'année avec les chiens sans s'en rendre compte. C'est notre passion qui supplante un petit peu la réalité".

A Awans, ces trois derniers jours, 400 lévriers venus du monde entier ont concouru, mais jamais pour l'argent car les paris sur les chiens sont strictement interdits en Belgique, notamment pour éviter certaines dérives. "Pour nous, le bien-être de l'animal, c'est la première priorité, explique Willem Vermaut, président de la fédération cynologique internationale. On a des pays au sud de l'Europe qui ont fait des courses qui sont principalement pour l'argent, et on voit que quand le chien ne gagne pas l'argent, ils sont 'jetés' comme on dit".

Pas toujours le même respect

En effet, en Espagne, les lévriers espagnols sont utilisés pour la chasse à courre. Ils sont souvent mutilés ou tués lorsqu'ils ne courent plus assez vite. Patricia Colomberotto, présidente de la fédération Galgo Rescue, en a elle-même adopté 10 : "Salute est une galga que j'ai récupérée au refuge, elle venait d'y entrer. C'est un enfant qui lui a tiré une balle dans la tête et qui a mis à mort toute la meute. C'est quelque chose d'ancestral. Les galgueros ont toujours maltraité leurs animaux et ils se réfugient derrière une légende qui va dire que plus l'animal va souffrir et va avoir une mort difficile et lente, meilleur sera le chien qui va les suivre".

Plusieurs fois par an, Patricia se rend en Espagne pour secourir les galgos et les proposer à l'adoption en Belgique. Pour cela, elle, ainsi que les autres associations, sont bien seules : "Le gouvernement établit des lois par rapport aux animaux domestiques, il n'y a rien qui tombe par rapport aux animaux de travail. Alors, pourquoi rien ne bouge ? J'ai une réponse très simple : c'est qu'il y a de l'argent en ligne de compte et que là où il y a de l'argent qui circule, il n'est pas forcément bienvenu de faire arrêter les choses".

Mais certaines mentalités semblent évoluer. Bien que très rarement condamnés, certains propriétaires acceptent de donner leur lévrier à l'adoption mais ils sont minoritaires et, chaque année, 60.000 de ces chiens restent maltraités, abandonnés ou tués.