Lettre ouverte d'un chirurgien à Maggie De Block sur sa réforme des soins de santé

Une réforme qui pourrait impacter durement hôpitaux, patients et futurs chirurgiens
Une réforme qui pourrait impacter durement hôpitaux, patients et futurs chirurgiens - © Google Maps

Le chef du service de chirurgie abdominale du Centre hospitalier chrétien, qui regroupe six hôpitaux liégeois, a écrit une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Maggie De Block. Dans cette lettre, le docteur Markiewicz s'insurge contre une réforme déjà approuvée en ce qui concerne le traitement des cancers de l'œsophage et du pancréas. Une réforme qui, selon lui, pose des problèmes de qualité des soins, d'accessibilité pour les patients et de formation pour les futurs chirurgiens.

Selon cette réforme, les soins relatifs aux cancers de l'œsophage et du pancréas ne seront à l'avenir dispensés que dans quelques centres d'excellence. Pour déterminer quels seront ces centres, deux critères sont pris en compte. Dans un premier temps, le critère sera le nombre d'interventions réalisées durant les années précédentes. Viendra seulement ensuite ce qui est appelé le critère de qualité, qui repose sur le taux de mortalité dans les 30 et 90 jours suivant l'intervention. Autrement dit, seuls les gros centres faisant de nombreuses interventions auront une chance d'être un centre d'excellence.

A l’heure actuelle, c’est un peu ça qui se passe. On est en train de mettre sur pied une réforme quantitative avec des normes qualitatives qui vont suivre ultérieurement. Quantité n’est pas nécessairement synonyme de qualité. Immanquablement, on risque d’avoir de longues listes d’attentes et de se retrouver comme dans certains pays avec un cancer diagnostiqué au mois de janvier et qui risque d’être opéré au mois de mai. C’est indéfendable", estime le Docteur Serge Markiewicz.

Selon les premiers chiffres retenus pour le premier critère, seuls deux hôpitaux flamands auraient pu être centre d'excellence. Les chiffres ont depuis été un peu assouplis et le CHU de Liège est désormais dans les critères. Mais cela veut dire aussi qu'un patient du Hainaut risque de devoir se rendre à Liège pour se faire soigner. D'où le problème d'accessibilité. Pour le docteur Markiewicz, il faut mieux prendre en compte le critère de qualité : "Dès maintenant, on devrait se positionner sur la qualité du travail qui a déjà été réalisé et donc prendre en compte un certain nombre de critères de qualité sur le travail qui a déjà été presté. Et si je prends ce qui a déjà été fait au sein de notre institution par exemple, on est totalement en adéquation avec ces critères-là".

Une réforme qui pourrait aussi conduire à une formation à deux vitesses des futurs chirurgiens : d'une part ceux formés dans les futurs centres d'excellence, d'autre part ceux formés ailleurs.

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