Les travailleurs du froid témoignent de la pénibilité de leur métier

Travailler dans le froid c'est pénible, témoignent les travailleurs du secteur
Travailler dans le froid c'est pénible, témoignent les travailleurs du secteur - © laprevention.be

Une pension anticipée pour les métiers pénibles... C'est la promesse du ministre Bacquelaine. Sa réforme des pensions est sur les rails. Le ministre définit en ce moment quels sont les métiers concernés... et certains craignent d'être oubliés. C'est le cas des travailleurs du froid... Ces ouvriers qui interviennent dans des chambres froides. Au quotidien, ils travaillent par -20, -30 voire - 50 degrés.

Cuneyt est ouvrier. Depuis 13 ans, il passe plusieurs heures par jour en chambre froide... par -25 degrés. Ce métier, Cuneyt sait qu'il ne pourra pas le faire jusqu'à ses 67 ans : " Je ne me sens pas travailler toute ma vie dans un frigo. Je sais que physiquement ça n’ira pas. Ce n’est pas possible. Même avec un équipement adapté, au bout d’un moment on sent le froid qui rentre dans les os et on est vraiment frigorifié de l’intérieur. J’ai eu un accident de travail à cause de la fatigue et du froid. J’ai fait un malaise sur mon clark et j’ai foncé dans un mur. On ne se rend pas toujours compte que ça fait trop longtemps qu’on est dans le frigo. On ne sent pas le froid venir et on peut s’endormir de froid sans le voir venir. Je sens bien que je suis plus vite fatigué maintenant avec l’accumulation des années. Le froid use deux fois plus vite qu’un travail dans une température normale ", témoigne-t-il.

Une pénibilité que confirme Laurent. Chaque jour, il est exposé à des températures extrêmes... -50 degrés. Une exposition au froid répétée qui a un impact sur son corps : " Après ces heures de travail, on commence à avoir les genoux qui grincent. Je n’ai pas encore 40 ans mais physiquement, un moment donné le corps commence tout doucement à crier stop. C’est un métier qui a un impact à long terme sur le corps. Ce que je demande au ministre, c’est de se rendre compte qu’il y a des métiers où il n’est pas possible de travailler jusqu’à 67 ans. On est des hommes et on demande à être reconnus et respectés. Je ne me vois pas travailler dans les chambres froides jusqu’à 67 ans. Déjà, le travail en pause c’est dur, mais en pause et dans les chambres froides, c’est impossible ".

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