Les travailleurs de Truck Technic, aux Hauts-Sarts, occupent leur usine

C'est la première occupation d'usine "à l'ancienne", depuis longtemps, dans le bassin industriel liégeois: depuis ce lundi en début de soirée, les travailleurs de la société Truck Technic sont barricadés à l'intérieur de l'entreprise.

Des travailleurs à bout

"Depuis 6h lundi, nous n’avons pas fermé l’œil. On va continuer jusqu’au bout car ils se foutent de nous. On a des familles à nourrir et des factures à payer" explique Victor. "Psychologiquement, on est à bout et épuisés. Cela fait des mois qu’on nous fait tourner en rond. Malgré tout, on a continué notre travail mais on a l’impression que ce n’est rien. C’est plus que dérisoire ce que la direction nous propose. L’équivalent de 2000 euros net en extra légal alors que le syndicat propose 7500 euros net pour les petits contrats. Ce n’est pas énorme mais décent" témoigne Dimitri.

Fatigués mais déterminés, les travailleurs organisent l’occupation de leur usine. "On a déjà dormi une nuit. On fait des roulements et on restera ici 24h sur 24 jusqu’à ce qu’on décroche quelque chose" conclut Christian Bovy, délégué FGTB.

Une négociation fragile

Cette firme d'une soixantaine d'employés s'occupe de système de freins pour camions. Elle dépend de la multinationale américaine Méritor. En juillet dernier, elle a annoncé la fermeture, pour cause de déménagement vers une filiale tchèque. Depuis, les procédures de licenciements collectifs se sont engagées, mais de façon très chaotique, avec recours, et contre-recours. La clôture de la première phase, la phase d'information, de consultation et de contre-proposition a été contestée, mais des négociations sur un plan d'accompagnement social ont quand même démarré.

La direction a voulu se contenter d'un préavis légal, avec une prime minime de 15% bruts de l'indemnité brute de départ. Le problème, c'est que les ouvriers de Truck Technic n'ont généralement pas beaucoup d'ancienneté, huit ou neuf ans, pour la plupart. La prime signifie concrètement, en net, pour ces gens, quelques centaines d'euros. Les syndicats ont réclamé plus. La réponse, après plusieurs tergiversations et reports, est arrivée enfin, dans l'après-midi: les actionnaires ont certes consenti un effort, mais minime, et, dans un climat de méfiance exacerbée, alors que l'échéance de la fin décembre approche, ce "geste" a plus qu'irrité le personnel, qui a donc riposté par un mouvement d'occupation.

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