Les temps sont durs aussi pour le secteur de l'affichage culturel et événementiel

Les secteurs de la culture et de l’événement souffrent de la crise du covid-19 et, sans surprise, celui de l’affichage culturel et événementiel aussi.

C’est le cas de la société liégeoise Azimut A. Elle possède un peu plus de 3500 cadres d’affichage dans toute la Wallonie, dont environ 2000 rien qu’en province de Liège.

Le 13 mars, son activité a été brutalement stoppée. L’administrateur-gérant d’Azimut A, Philip Werll, décrit la situation actuelle de la société ainsi : "Elle est catastrophique. A part trois clients qui nous ont fait l’honneur et la gentillesse de confirmer des travaux, on attend… Nous autres associés actifs, nous sommes en "droit passerelle". Nous avons deux membres du personnel qui travaillaient à temps plein, qui faisaient les entretiens de cadres et les réparations, tout le monde est au chômage technique. On espère retravailler plus ou moins correctement à partir du 31 août. On espère qu’on va pouvoir rouvrir les salles de spectacle, les centres culturels à partir du 1er septembre, et que ça va rouvrir de manière correcte."

Avec l’arrêt de son activité, Azimut A s’est-elle retrouvée avec des affiches déjà imprimées qui n’auront finalement pas servi ? "Nous avons eu des affiches, nous avons d’ailleurs toujours des stocks d’affiches, notamment pour le Musée Félicien Rops. Mais nous avons eu la chance d’apprendre que l’exposition en cours était prolongée jusqu’au 23 août.", répond Philip Werll, "Donc nous avons fait plaisir à notre client. Nous avons réaffiché, on va dire gratuitement, dans toutes les provinces au début du mois de juillet. Nous sommes allés remettre des affiches et nous avons inséré une petite étiquette disant que l’exposition était prolongée jusqu’au 23 août."

Les factures continuent évidemment à tomber. "On a toujours la facture d’électricité, celle de gaz, nous avons d’ailleurs coupé le compteur de gaz.", explique Philip Werll, "Nous avons toujours notre téléphonie qui continue à fonctionner. Bien entendu, on nous dit : "Vous indépendants vous ne payez plus vos charges. Mais on vous les postpose.". Il faudrait peut-être apporter une aide complémentaire aux indépendants et dire : "Vous n’avez pas pu les payer. Ne les payez pas, on vous les offre.". En ce qui concerne les banques, elles nous aident en n’encaissant pas nos crédits, mais elles ne font pas cadeau des intérêts. Et je suis toujours dans l’attente de l’aide la Région wallonne de 2500 euros."

Philip Werll estime avoir perdu jusqu’à présent entre 125.000 et 150.000 euros de chiffre d’affaires. Si la situation ne se débloque pas le 31 août comme il l’espère, sa société pourra-t-elle tenir encore un peu ou pas ? Sa réponse est claire : "Non ! Que ce soit nous autres ou d’autres sociétés à travers la Wallonie ou Bruxelles, je ne sais pas comment ça va se passer…".

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK