Les opposants aux éoliennes d’Aspiravi, à Boirs, reçoivent un soutien de poids

La société Aspiravi a obtenu en février un permis pour implanter deux éoliennes, en région wallonne, mais juste à quelques dizaines de mètres de la frontière linguistique. Mais deux recours ont été déposés, dont un par la plus proche commune flamande. Le dossier revient donc à une deuxième phase d’instruction administrative. C’est dans le cadre de cette procédure que le "pôle environnement" du conseil économique et sociale vient de se prononcer. Et il soulève un argument qui vient à l’appui des opposants.

L’étude d’incidences sur l’environnement n’a pas respecté une convention européenne, ratifiée par le gouvernement belge : le protocole EuroBats de protection des chauves-souris. Il impose, pour évaluer le comportement des chiroptères, d’effectuer des mesures en hauteur, sur un mât, au niveau de rotation des pales. Or, seuls des relevés au sol ont été effectués. Les informations recueillies pour le projet Aspiravi sont donc fragmentaires, alors que la parcelle se situe à proximité de la montagne Saint-Pierre, un site particulièrement apprécié par plusieurs espèces, comme le murin des marais qui parcourt parfois plusieurs centaines de kilomètres pour venir hiberner là-bas, ou comme le grand rhinolophe, rarissime, en danger critique d’extinction, et repéré sur les lieux chaque année depuis trois ans. Un manquement à des obligations internationales, s’il est avéré, laisse penser que les fonctionnaires ont peut-être commis une erreur d’appréciation lorsqu’ils ont délivré leur autorisation. Au ministre, et peut-être ensuite aux magistrats du conseil d’État, de se prononcer.

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JT du 10/03/2021

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