"Les Journées Imagine" à Liège: cinq jours pour penser, agir, transformer

"Les Journées Imagine à Liège": cinq jours pour penser, agir, transformer
"Les Journées Imagine à Liège": cinq jours pour penser, agir, transformer - © DR

La première édition "Les journées Imagine" investira la place Xavier-Neujean (et d'autres lieux du centre-ville) du 24 au 28 avril.  "Les Journées Imagine", c'est un projet collectif  qui programme  cinq jours pour "penser, agir, transformer", et une multitude d'événements à découvrir (éco-guinguette, Village Climaction, projections de films, ateliers, conférences, balades...).

Rencontre avec Hugues Dorzée, rédacteur en chef et éditeur du magazine Imagine.

En quoi consistent "Les Journées Imagine"?

Hugues Dorzée: "C'est une collaboration à la fois entre le magazine Imagine qui traite des questions de société, d'écologie Nord-Sud, et l'ASBL Enjeu, spécialisée dans toute la question de l'événementiel et la logistique. Ils sont venus nous trouver en automne dernier et nous ont proposé de créer ensemble un événement autour du magazine, fédérateur, qui puisse porter les valeurs éditoriales. On s'est dit: ok, travaillons en réseau, allons du côté des opérateurs culturels en place. Et tout de suite s'est créé un projet collectif, partagé, participatif, avec l'Université de Liège, les Grignoux, la Cité Miroir, le Théâtre de Liège, le CNCD 11.11.11. et toute une multitude d'autres partenaires autour du thème: cinq jours pour penser, agir et transformer".

"L'idée de départ était vraiment, du côté du "penser", de faire circuler l'information, partager des opinions. Du côté "action", c'est de mettre en oeuvre, essayer vraiment d'agir. Et du côté de la "transformation", d'essayer de porter des solutions et des formes nouvelles d'idées dans tous les domaines".

On a l'impression aujourd'hui que les citoyens prennent davantage en charge l'avenir, les questions climatologiques, les questions de nourriture. C'est un peu ça ici aussi?

H.D.: "Ici, on a vraiment voulu élargir le propos. On a voulu être attentif aux grands enjeux contemporains, le premier étant évidemment l'urgence climatique. Mais aussi le désenchantement citoyen et la question de l'économie au service de l'intérêt général, de l'intérêt du bien commun. On a aussi porté une attention particulière aux migrations positives, pour essayer de sortir du discours xénophobe, stigmatisant et populiste du moment. On a aussi travaillé sur l'idée d'une ville respirable et apaisée avec toute une journée consacrée à la mobilité douce. Et c'est vrai que, quelque part, on sent qu'il y a une ébullition. Alors à la fois on sait que la période est sombre, chaotique, incertaine, imprévisible. Mais que, de l'autre côté, il y a effectivement une prise en main, un mouvement social assez intéressant, notamment autour du climat. Donc c'est clair qu'on sent qu'il y a une émulation citoyenne. Maintenant, on sait que pour réussir ce changement de civilisation ou parvenir à répondre aux défis du siècle, que ce soit en terme écologique, social, économique, on ne pourra le faire qu'en faisant une alliance avec les gouvernants, et on sera à un mois des élections. Donc là c'est l'idée aussi de dire : on a besoin de dirigeants courageux, visionnaires, qui s'inscrivent dans la durée. Par ailleurs, on a besoin aussi d'entreprises, d'un pouvoir économique fort, mais qui soit au service de l'intérêt général et qui ne soit pas uniquement dans la recherche du profit immédiat. Et puis, évidemment, on a aussi besoin de citoyens éveillés, éclairés, bien informés, qui soient capables aussi de se transformer à travers tous leurs petits gestes et leur comportement au quotidien. C'est vraiment cette alliance entre l'état, les entreprises, et la société civile qui nous semblait important à apporter dans ces journées Imagine".

Cela veut dire qu'on ne va pas seulement penser

H.D.: "Ça, c'était vraiment quelque chose qui nous tenait très fort à cœur. Il y avait deux choses: d'une part, la circulation des idées, le fait de décloisonner les disciplines, de mettre côte à côte des scientifiques, des artistes, des gens actifs dans le milieu associatif. Et d'autre part, c'était d'élargir le cercle des convaincus. Parce qu'on est clairement en train de se dire que, aujourd'hui, pour pouvoir faire bouger les lignes, il faut ne pas être entre soi. Et permettre aux gens de tous les milieux, y compris les plus précaires -parce qu'on sait que la question écologique et sociale sont intimement liées- de pouvoir accéder à un événement comme celui-là et être dans l'action".

Est-ce que Liège se prête particulièrement à ce genre de démarche?

H.D.: "Imagine a sa rédaction installée à Liège, avec cette vision du journalisme à la fois constructive, vivante, apaisée. Et on a très vite senti que, quelque part, il y a à Liège un tissu associatif très dense, des opérateurs culturels très actifs. Et à un moment donné, par une forme d'énergie et d'enthousiasme partagés, on arrive à construire en réseau avec, aujourd'hui, cinq jours, plus de 40 événements, et énormément de partenaires derrière. Donc ça, c'est vraiment très réjouissant".

Si vous deviez pointer de manière très subjective un événement parmi la masse de choses proposées?

H.D.: "Il y a plein de choses. On a une ouverture aux Grignoux avec une soirée consacrée au thème "en quête d'info et de sens". Donc réfléchir aussi sur le métier du journalisme aujourd'hui. On aura le village Clim'action qui est vraiment trois jours de réflexion climatique avec des balades urbaines, des explorations cyclos, une réflexion autour du tram... Pendant une journée, on va également tester les innovations démocratiques. On va ainsi réunir un panel de 100 personnes qui seront à la fois issues de collectifs de chômeurs, d'étudiants, de stagiaires en insertion socio-professionnelle, et on va leur proposer des ateliers participatifs autour du tirage au sort, des panels citoyens, de toute une série d'innovations démocratiques aujourd'hui. Et l'après-midi, la particularité, c'est qu'ils seront tirés au sort, et par table de dix personnes, accompagnés d'un facilitateur, et ils vont re-réfléchir sur un budget participatif et sur un projet d'intérêt général qui sera remis officiellement à la ville de Liège dans la foulée. C'est un exemple très concret, mais à l'échelle d'un panel réduit, pour réinventer et peut-être modestement apporter un autre regard sur la démocratie".

Place Xavier Neujean, un village particulier sera installé. En quoi va-t-il consister?

H.D.: "En partenariat avec la ville de Liège, on a réussi à créer un village des solutions climatiques qui sera entièrement géré par l'organisation. Le QG sera installé place Xavier Neujean, avec ce qu'on a appelé l'éco-guinguette, qui sera donc un lieu où on pourra venir déguster des produits locaux, des bières artisanales et locales, lire des magazines, mais aussi écouter des petits concerts, participer à un blind test écologique et social... Il y aura des activités pendant 5 jours. La place ne sera pas totalement fermée à la circulation mais on a quand même obtenu qu'il y ait moins de places de parking attribuées aux voitures pour pouvoir faciliter la mobilité douce. Et pendant trois jours, ce village Clim'action va être avec 16 ou 18 exposants dans le thème de l'agriculture durable, dans le thème de la finance éthique, de la mobilité douce... qui vont proposer des jeux, des défis, des ateliers. Pendant trois jours pour le grand public, il y aura énormément de choses à faire et à voir".

Les Journées Imagine, Demain le Monde, du 24 au 28 avril à Liège

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK