Les intérimaires de plus en plus plébiscités par les agriculteurs

Nicolas Guilmet, remplaçant agricole
2 images
Nicolas Guilmet, remplaçant agricole - © RTBF

Engager durant quelques heures ou quelques jours un ouvrier agricole pour cause de maladie ou pour prendre des vacances. Voilà un choix de plus en plus plébiscité par les agriculteurs. Malheureusement, la fédération des services de remplacement agricoles de Wallonie compte 4.000 membres mais seulement 85 agents susceptibles de les remplacer.

Nous nous sommes rendus dans une ferme à Hodeige, en région liégeoise.

Il faut s'habituer avec le matériel, avec la personne

La machine que conduit Nicolas, les vaches qu'il nourrit, la paille qu'il balaie... ne lui appartiennent pas. Il est ce qu'on pourrait appeler un intérimaire. Depuis quatre ans, de ferme en ferme, il remplace les agriculteurs en incapacité de travail ou partis en vacances: "Le matin, je vais dans une ferme, je vais traire. Ensuite, je dois aller dans une autre ferme pour soigner le bétail, pailler. Après, je retourne peut-être dans une autre pour traire, donc les journées sont quand même remplies. Il faut quand même s'adapter à toutes les fermes, ce n'est pas le même travail d'une ferme à une autre, il faut savoir s'habituer avec le matériel, avec la personne".

Nicolas est employé au mois par la fédération des services de remplacement agricoles de Wallonie. Depuis quelques semaines, il travaille régulièrement pour un agriculteur de Hodeige, Jean-Paul Warnant, victime d'une triple fracture. Pour s'octroyer les services de Nicolas ou de l'un des 84 autres agents de remplacement que compte la Wallonie, un agriculteur doit débourser 12, 15 ou 26 euros l'heure, selon le motif de sa demande. Jean-Paul Warnant: "Il y a une inscription à l'année qui est de 200 euros par an. Et puis, selon la nécessité, on téléphone et on demande pour voir si on peut avoir quelqu'un. Évidemment, quand on est blessé ou malade, on est prioritaire. Je trouve ça magnifique".

C'est un peu une sécurité en plus

Un service qui ravit également son employé. Dans sa situation, il ne connait pas la crise: "Ce n'est pas moi qui ai les problèmes, comme des ennuis avec le matériel ou les bêtes. Si jamais il faut le vétérinaire ou autre chose... C'est un peu une sécurité en plus et je fais au moins le travail que j'aime faire".

Depuis cinq ans, les demandes de remplacement augmentent chaque année d'environ 10%. Les agriculteurs sont de plus en plus âgés. Ils sont également plus nombreux à vouloir prendre des vacances, mais par faute de candidats, impossible aujourd'hui pour le service de répondre positivement à toutes les demandes.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK