Les funérailles de Robert Stéphane ont eu lieu ce vendredi à Liège

Les funérailles de Robert Stéphane ont eu lieu ce vendredi à Liège
Les funérailles de Robert Stéphane ont eu lieu ce vendredi à Liège - © RTBF - François Braibant

Un homme brillant, visionnaire, chaleureux et à l'oeil malicieux. Voilà le portrait qui a été tracé ce vendredi de l'ancien administrateur de la RTBF. Robert Stéphane est décédé samedi dernier d'une hémorragie cérébrale. Le premier présentateur du journal télévisé belge allait avoir 86 ans. Ses funérailles se sont déroulées ce vendredi au centre funéraire de Robermont.

Pédagogue, chaleureux, visionnaire, malicieux

Se sont succédés à la tribune anciens collègues, amis et sa fille. Edmond Blattchen a rappelé l'engagement socialiste et l'athéisme de Robert Stéphane, "un peau-rouge qui n'aimait pas marcher à la file indienne". Robert Stéphane était un liégeois a-t-il rappelé, un francophone, un Wallon, un Européen, un citoyen du monde. Sa fille a évoqué le côté provocateur de l'ancien patron de la RTBF, une provocation bienveillante, malicieuse, "un truc pour entrer en contact, pour faire penser ceux à qui il parlait". 

"C'était un homme d'une intelligence exeptionnelle" se souvient Jacques Malpas, ancien chef du centre de production de Liège de la RTBF. "Je me souviens du jour où il m'a expliqué comment faire un montage télévisé. Je n'en sortais pas. Il m'a dit : 'il faut laisser parler les gens quatre ou cinq minutes et puis leur demander ce qu'ils ont voulu dire... et ils le répètent en quarante-cinq secondes.' C'est le genre d'homme qu'il faudrait rencontrer à quinze ou seize ans. Il m'a tellement apporté que si j'avais pu faire mes études en l'ayant déjà rencontré, je n'aurais pas été le même homme toute ma vie."

Avant de diriger la RTBF, Robert Stéphane était le chef du Centre de Production de Liège. Le journaliste André François, ancien présentateur de l'Ecran Témoin, se rappelle avoir été convoqué dans le bureau de Robert Stéphane : "Un jour, je fais une connerie, à l'Ecran Témoin ou ailleurs, une de plus, et il m'envoie une note de service pas piquée des hannetons. Et quand j'entre dans son bureau, il me vouvoie, alors qu'on se tutoyait ! Il monologue... 'Et c'est la dernière fois que...' Je le laisse monologuer et à la fin, je lui demande : 'dis, Robert, ta note de service, tu crois que je dois la faire signer par mes parents ou ça ira comme ça ?' Et là je vois son visage complètement changer et il se met à rire !"

Un professeur qui a marqué plusieurs générations d'étudiants en journalisme

Robert Stéphane n'a pas seulement été journaliste et administrateur général de la RTBF. L'homme a eu plusieurs vies professionnelles prestigieuses. La salle du centre funéraire de Robermont accueillait aussi ce vendredi matin un aréopage de professeurs et d'anciens professeurs de la huitième section de l'Université de Liège où Robert Stéphane, à partir des années 80, a donné un cours consacré aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. 

"Le fait qu'il était le beau-frère de Jacques Dubois, l'une des têtes ouvrières et pensantes de ce département a évidemment joué" raconte Pascal Durand, professeur et successeur de Robert Stéphane, "mais c'est tout le poids de l'expérience professionnelle, l'extraordinaire éloquence, la joie, l'enthousiasme, la curiosité, la malice, c'est vraiment le mot qui le caractérise, qui faisaient de Robert Stéphane un professeur qui a laissé une marque sur deux ou trois générations d'étudiants qui en parlent encore aujourd'hui avec beaucoup d'affection."

Dick Tomasovic, aujourd'hui professeur et président de la section a suivi comme étudiant les cours de Robert Stéphane : "En tant que grand passionné, Robert se laissait emporter par les grands sujets du moment et son cours était une série de digressions, mais des digressions qui avaient toute leur vertu puisqu'il s'agissait en fait de morceaux d'analyse que nous devions, nous, les étudiants, restructurer, rehiérarchiser, des morceaux d'analyse sur la manière dont fonctionnaient les médias ou la manière dont ils allaient fonctionner, puisqu'il avait un incontestable côté visionnaire."

Un journaliste qui osait l'impertinence

Robert Stéphane venait régulièrement à la RTBF à Liège. Et chaque visite était l'occasion d'une discussion, toujours intelligente. Il ne s'appelait pas vraiment Stéphane. C'était un pseudonyme. Son vrai nom, c'était Robert Clausse. Son oncle, Roger Clausse a dirigé l'INR, l'ancêtre de la RTBF, de 1953 à 1957. Robert Stéphane avait présenté le premier journal télévisé belge fin 1956, au moment de la crise de Suez. C'était aussi un journaliste innovant et qui osait l'impertinence. Dans la séquence qui suit, des journalistes demandent aux gens de la rue ce qu'ils pensent de notre ancêtre l'INR. Vous y réentendrez la voix de Robert Stéphane.

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