Les contrôleurs des armes à feu sont-ils gravement intoxiqués au plomb?

Les contrôleurs des armes à feu sont-ils gravement intoxiqués au plomb ? (Image d'illustration)
Les contrôleurs des armes à feu sont-ils gravement intoxiqués au plomb ? (Image d'illustration) - © Belga

Les contrôleurs du banc d'épreuve des armes à feu de Liège, seul organisme habilité en Belgique, sont-ils gravement intoxiqués au plomb ? C'est ce que pense le député N-VA Koenraad Degroote, qui a l'intention d'interpeller Kris Peeters, le ministre fédéral de l'Economie et du Travail. Selon le journal l'Echo, au moins neuf travailleurs présenteraient un taux anormalement élevé de plomb dans leur organisme.

Un taux deux fois plus élevé 

C'est au sein de ce banc d'épreuve de Liège que les armes provenant des quatre coins du pays sont testées ou détruites après avoir été saisies par la justice. Récemment, un contrôleur a fait l'objet d'examens cliniques. Il présentait un taux de plomb dans le sang deux fois plus élevé que la moyenne. Huit de ses collègues ont subi les mêmes analyses, avec au final, le même diagnostic. 

"Vivre à proximité d’activités qui rejettent du plomb dans l’environnement est toujours dangereux. L’individu peut avoir une pâleur causée par l’anémie, des douleurs abdominales, des maux de tête ou encore des problèmes de coordination motrice qui signalent une neurotoxicité. A forte dose, cela peut être mortel" précise Jan Tytgat, toxicologue à l'Université catholique de Louvain.

Le fait de travailler pendant de longues années en contact avec le plomb contenu dans les munitions ne fait qu’accroître le danger.

Le personnel du banc d'épreuve de Liège s'était déjà inquiété des risques pour leur santé. Depuis 3 ans, il réclame des équipements, notamment des extracteurs de fumées, qui permettraient de faire chuter les concentrations de plomb dans l'air.

Les travailleurs écartés des stands de tir

Les analyses de sang de plusieurs travailleurs du Banc d'épreuves des armes à feu de Liège indiqueraient un taux de plomb supérieur aux normes en vigueur en Belgique. Mardi, il a été décidé d'écarter les travailleurs des zones à risque, a indiqué mardi Béatrice Louviaux, secrétaire principale ACV-CSC-Metea pour la province de Liège.

Au Banc d'épreuves des armes à feu de Liège, les travailleurs sont notamment amenés à effectuer des tirs afin de vérifier le bon état de marche des armes. Le taux de plomb pourrait être trop élevé dans les stands de tir. "Les travailleurs sont souvent sujets à des maux de tête, à des malaises. L'un d'eux est en incapacité de travail depuis que son médecin lui a fait faire une prise de sang et que celle-ci a révélé un taux de plomb qui dépasserait les normes en vigueur en Belgique. Ses collègues, inquiets, ont également fait une prise de sang et le taux de plomb serait également trop élevé", explique Béatrice Louviaux, confirmant ainsi la mise en garde d'un député N-VA relayée mardi dans L'Echo.

La secrétaire principale ACV-CSC-Metea signale que la structure n'est pas à l'arrêt car les travailleurs ont été orientés vers d'autres tâches. "Cela fait un moment, déjà, que le personnel signale ce genre de problème. Il n'y a pas un suivi suffisant vis-à-vis de l'environnement de travail. Sachant qu'un taux de plomb trop élevé peut provoquer des lésions très graves, il convient d'écarter les travailleurs des zones à risque en attendant que l'on procède à des analyses visant à déterminer la hauteur du risque et envisager des mesures permettant aux travailleurs de réintégrer les stands de tir sans danger", a-t-elle ajouté.

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