Les chaussées parsemées de nids-de-poule suite aux variations de températures

Les chaussées parsemées de nids-de-poule suite aux variations de températures
Les chaussées parsemées de nids-de-poule suite aux variations de températures - © Tous droits réservés

C'est un scénario classique à la sortie de l'hiver, nos routes ressemblent à un gruyère. Des chaussées parsemées de trous. Un phénomène bien connu à cette époque de l'année.

On incrimine souvent le gel pour expliquer ces détériorations. Pourtant, l'hiver n'a pas été particulièrement froid. Il y a même eu 20 degrés en février. Et justement, ce que les routes n'aiment pas du tout, ce sont les variations de températures.

En cause: la répétition de gel et de dégel

La couche superficielle du bitume est très sensible tant à la chaleur -on voit des chaussées se soulever en été-, qu'au froid. Et quand on a sans cesse une répétition de gel, même faible, suivi de dégel, c'est la catastrophe. Robert Charlier, professeur, expert en routes, à l'Université de Liège: "Pendant le gel, l'eau s'accumule, éventuellement sous forme de glace dans la route. Par contre, en période de dégel, l'eau devient libre. Quand votre véhicule passe sur la chaussée, sous les pneus, il y a une assez forte pression et donc cette eau est chassée en quelque sorte avec une certaine violence et à ce moment-là, elle a un pouvoir destructeur qui est significatif".

On imagine bien que le choix du revêtement n'est pas non plus anodin. Une route de village sera par exemple plus sensible au passage répété de camions qu'une autoroute faite en matériaux plus adaptés.

Des barrières de dégel pour éviter ces trous

Et puis si on veut éviter ces trous, une seule solution: des barrières de dégel. Robert Charlier: "C'est effectivement une pratique assez courante dans un certain nombre de pays froids ou de régions froides. On le voit dans les zones de montagnes, dans les Alpes. On le voit probablement aussi en Scandinavie. On le voit même parfois chez nous. L'an dernier, certaines communes d'Ardennes ont interdit la circulation sur des voiries secondaires pendant la période de dégel".

En montagne ou en pleine campagne, c'est envisageable. Sur toutes les routes de Wallonie, c'est évidemment nettement plus difficile.

 

Archives: Journal télévisé 20/12/2017