Les cellites, à l'origine des soins psychiatriques à Liège, célébrés durant six mois

Le site occupé depuis cinq cents ans, notamment pour des soins psychiatriques
Le site occupé depuis cinq cents ans, notamment pour des soins psychiatriques - © Google Maps

À l’occasion des 500 ans de l’installation officielle des frères cellites à Liège, une série d’événements seront organisés en cité ardente entre le 12 octobre et le 4 avril. Les frères cellites sont à l’origine des soins de santé mentale à Liège, sur le site de la " Volière aux oiseaux blessés ".

Parmi ces événements, des concerts de musique, une exposition archéologique, des visites guidées, des conférences et un colloque sur la santé mentale et à vocation historique ainsi que des spectacles de contes.

C’est en 1466, deux ans avant que Liège ne soit détruite par Charles le Téméraire, que les premiers frères cellites arrivent à Liège. Reconnu comme ordre religieux en 1472, ils se replient toutefois sur Huy en 1496. Il faudra alors attendre 1519 pour qu’ils reviennent officiellement à Liège à l’occasion d’une épidémie de peste. C’est le prince évêque Erard de la Marck qui les avait rappelés, débordé par l’épidémie. Les frères cellites étaient alors chargés de prodiguer des soins aux victimes et de tenter d’endiguer la contagion. La Ville leur confia aussi le quasi-monopole des funérailles dans la cité.

Un an après leur retour, en 1520, ils s’installèrent définitivement " en Volière ", à Liège, non loin du palais des Princes-Evêques. Durant les années suivantes, ils continuent à soigner les malades et à célébrer les funérailles mais en 1634, confrontés à la diminution des épidémies, ils décident de recevoir d’autres exclus de la société. Il s’agira notamment de ce que l’on appelait à l’époque des " fils prodigues " (fils en mal d’autonomie), des " fols " et des " déséquilibrés ".

Au 17e siècle, le nombre de malades ne devait pas dépasser la dizaine. Un chiffre qui augmentera fortement avec le temps puisqu’on comptait 250 personnes enfermées sur le site entre 1747 et 1800. Le site fut d’ailleurs clôturé à cette époque afin d’empêcher les évasions.

Changement de régime

Arrivent les troubles révolutionnaires et les changements de régime politique de la fin du 18e siècle, période durant laquelle les frères cellites sont assez préservés. Alors que les autres congrégations religieuses sont dissoutes, les cellites sont maintenus par la nouvelle Commission des Hospices civils. Ils étaient en effet les seuls à se porter volontaire pour la garde de ceux que l’on appelait " les insensés ". Ils sont toutefois contraints de quitter leurs habits monastiques.

En 1881, une nouvelle aile est construite, une vaste bâtisse comprenant un réfectoire pour plus de 80 personnes. Trente ans plus tard, il ne reste toutefois plus que deux cellites sur le site. Ils reçurent alors successivement l’aide des Frères de Saint-Jean-de-Dieu puis de la congrégation de Notre-Dame de Lourdes.

1958 marque un tournant pour l’institution puisque c’est cette année-là qu’est inauguré le nouvel hôpital psychiatrique Volière, qui dépend alors de la Commission d’Assistance publique de Liège. Dix ans plus tard, la direction de l’institution est totalement laïcisée.

L’hôpital en lui-même fut entièrement démoli en 2004 pour céder la place à un vaste complexe dépendant de l’Intercommunale de Soins spécialisés de Liège (ISoSL), qui poursuit ainsi cette vocation psychiatrique jusqu’à aujourd’hui.

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