Les barquettes en plastique, toujours au menu dans les crèches liégeoises

Depuis un an, un groupe de parents se mobilise pour l'abandon des barquettes en plastique dans les crèches de la Ville de Liège.
Depuis un an, un groupe de parents se mobilise pour l'abandon des barquettes en plastique dans les crèches de la Ville de Liège. - © RTBF

Des repas conditionnés dans des barquettes en plastique, réchauffés au micro-ondes. Voilà ce que mangent depuis un an les enfants inscrits dans les crèches gérées par la Ville de Liège. Depuis des mois, un groupe de parents se mobilisent. Ils se disent maintenant prêts à passer à la vitesse supérieure.

Perturbateurs endocriniens

Deux motivations les animent : l’environnement et la santé de leurs enfants. " On nous dit que ces contenants à usage unique sont recyclés quelque part en Allemagne. Mais aujourd’hui, on sait bien que le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas ", estime François Sonnet, papa d’une petite Rita. Ce qu’il reproche aussi à ces barquettes, c’est leur " effet visuel ". " Les enfants s’habituent dès le plus jeune âge à manger dans du plastique. "

Odile Collinet, elle aussi maman d’une petite fille scolarisée dans une crèche liégeoise s’inquiète du " transfert de ces substances nocives dans l’alimentation et donc dans le corps humain. Cela va perturber leur fonctionnement hormonal ". Elle redoute aussi un " effet cocktail " : " même si ces barquettes respectent certaines normes, c’est une exposition quotidienne qui vient s’ajouter à toutes les autres ".

Mot du médecin

Depuis plusieurs mois, les parents multiplient donc les actions pour tenter de se débarrasser de ces barquettes en plastique : interpellation devant le conseil communal, distribution de tracts et d’autocollants, création de la page Facebook " Pas de plastique pour nos loustics ".

Plus originale, la dernière action en date consiste à inviter les parents à solliciter un mot du médecin : un certificat médical qui exige que l’enfant puisse manger son repas dans un autre récipient. Plusieurs parents l’ont fait.

Marc Dethier, médecin généraliste à Liège, a accepté de rédiger l’un ou l’autre de ces mots. Mais pas sans creuser le sujet au préalable : " je suis allé relire la littérature qui existe sur le sujet. Une littérature qui dit très clairement que quand on met en contact des enfants en plein développement avec d’éventuels perturbateurs endocriniens, comme des barquettes en plastique, il y a un risque. L’usage du micro-ondes pourrait augmenter ce risque. " Lecture faite, il juge alors " normal de se préoccuper du sujet en tant que médecin ". D’autant plus que le risque reste difficile à mesurer dans l’immédiat car les symptômes pourraient se manifester bien plus tard chez ces enfants : " les problèmes peuvent apparaître longtemps après la consommation de ces aliments contaminés par le plastique ", indique le médecin.

Action en justice

Jusqu’ici, la direction des crèches liégeoises refuse de tenir compte de ces certificats médicaux. De leur côté, les représentants de la Ville de Liège, en charge du dossier, assurent qu’ils cherchent une solution pour changer le système, mais se disent pour l’instant coincés par les exigences sanitaires de l’AFSCA, l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire.

Les parents mobilisés ne comptent pas baisser les bras. S’ils n’obtiennent pas gain de cause rapidement, ils envisagent même une action en justice, devant le conseil d’Etat. " Nous avons déjà pris contact avec une avocate spécialisée en droit de l’enfant et qui s’intéresse beaucoup à la justice climatique ", prévient Odile Collinet.

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