Les arguments de la mosquée Markaz Attawhid contre la Ville de Liège

Le siège de la fondation hollandaise à qui appartient le bâtiment de la mosquée liégeoise Markaz attawhid
Le siège de la fondation hollandaise à qui appartient le bâtiment de la mosquée liégeoise Markaz attawhid - © Tous droits réservés

La mosquée Markaz Attawhid, dans le quartier nord, à Liège, va-t-elle rouvrir ses portes ? La presse de ce lundi a annoncé un recours, devant le Conseil d'Etat, contre l'arrêté de fermeture, pris par le bourgmestre Demeyer à la m-juin. Mais c'est une requête en annulation, et non en suspension, qu'un avocat montois a déposée, et dans ce  genre de procédure, il ne faut pas s'attendre à une décision avant deux à trois ans.

Une atteinte à la liberté d'association ?

Le principal argument, c'est que le bourgmestre a outrepassé ses compétences. Son arrêté parle de troubles à l'ordre public, mais sans formuler de reproche précis, factuel, envers les gestionnaires de la mosquée. Sans établir un lien formel entre ce qui se serait déroulé à l'intérieur, et ce qui pourrait s'être passé à l'extérieur. Que des djihadistes aient fréquenté l'établissement ne suffit pas, au regard de la loi communale: puisque c'est le risque terroriste qui justifie la mesure, elle aurait dû être prise par des autorités fédérales. Et, comme l'interdiction a été décrétée pour une durée indéterminée, c'est une atteinte à la liberté d'association et à la liberté de culte.C'est du moins ce qui est dit dans la requête.

Une erreur manifeste d'appréciation ?

A l'appui de sa demande, Markaz Attawhid dépose un épais dossier d'une centaine de pages. Il contient, par exemple, une dizaine d'attestations de membres ou d'administrateurs selon lesquelles l'association est financée exclusivement par des fonds belges, sans argent d'origine étrangère; il comporte également  plusieurs témoignages qui attestent que les prèches du vendredi sont prononcés en français, sans appel à la haine ou à la guerre sainte.  Des documents sont annexés, qui reproduisent les feuillets distribués aux fidèles et qui reprennent les sermons qu'ils viennent d'entendre. L'avocat de Markaz Attawhid parle d'une erreur manifeste d'appréciation....

Un centre islamique au-dessus de tout soupçon ?

Au-delà de la présence de l'un ou l'autre fidèle, à une certaine époque, parti depuis lors se battre sur le front syrien, il faut noter quand même que le propriétaire du bâtiment du centre islamique, c'est une fondation hollandaise, qui a certes pignon sur rue, mais qui, de source policière internationale, entretient des liens avec le groupe Hilafet Devleti, un mouvement qui vise le renversement de la république turque, et l'établissement à sa place d'un califat. Un mouvement qui, par le passé, a envoyé des combattants en Bosnie, en Afghanistan, en Tchétchénie, et qui est donc catalogué comme organisation terroriste. Le Conseil d'Etat va devoir démêler toutes les ramifications de ce dossier...

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