Les architectes en charge du sauvetage de Sainte-Croix sont désignés

Croquis de la collégiale Sainte-Croix en 1834
Croquis de la collégiale Sainte-Croix en 1834 - © Collections Artistiques ULiège (in Mathieu Piavaux, UMons)

Il s'agit de deux bureaux liégeois, "pHD" d'une part, et "Aa-tgi" d'autre part, des gens qui, ces dernières années, se sont occupés de la restauration de la collégiale Saint-Barthélemy, du Théâtre Royal, ou encore du portail de l'église Saint-Jacques. Ils disposent donc d'une solide expérience patrimoniale. Mais ils se sont adjoints les services d'un expert d'envergure internationale, Eric Pallot, architecte en chef des monuments historiques français.

C'est que, avec sa tour octogonale, Sainte-Croix est un édifice médiéval est très particulier, qui ne s'identifie totalement avec aucun modèle de l'époque de sa construction, qui a subi des modifications deux ou trois siècles plus tard, et puis encore voici une centaine d'années, avec parfois des ajouts pour lui donner une apparence plus gothique. C'est une sorte d'énigme qui demande encore quelques investigations archéologiques. La question, c'est de savoir quelle période prendre pour référence. Quelle est la "vérité" de ce lieu de culte ?

Des études ont par exemple révélé, sur plusieurs clefs de voûte, des reste de feuilles d'or sour une, deux parfois trois couches de peintures moins anciennes. Sur l'un ou l'autre mur, deux épaisseurs d'enduit recouvrent des décorations polychromes antérieures. Et les datations sont loin d'être évidentes. Comme le souligne Eric Pallot, "Ce n'est pas un édifice d'une seule époque, c'est un édifice qui a vécu au travers des siècles, et  il faut commencer par définir véritablement quelles ont été ses étapes majeures, quelles périodes il convient de privilégier ou de ne pas prévilégier ? Est-ce le dernier état connu qu'il faut réhabiliter ? Ou un état intermédiaire ? C'est tout l'enjeu des études que nous allons démarrer prochainement, afin de proposer au maître d'ouvrage un parti de restauration qui soit cohérent..."

Et c'est le paradoxe: il faut prendre le temps de comprendre pour intervenir judicieusement, et il faut pourtant se hâter, parce que Sainte-Croix est dans un état lamentable. Une enveloppe de quinze millions, étalés sur dix ans, est prévue. Les premiers travaux, vraisemblablement d'une mise sous cocon, d'une couverture de protection, devraient commencer encore en septembre.

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