Léopold 7, une brasserie durable en plein coeur de Hesbaye

Léopold 7, une brasserie durbale en plein coeur de Hesbaye
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Léopold 7, une brasserie durbale en plein coeur de Hesbaye - © Tous droits réservés

Ce matin démarre la production de la Timber, la bière la plus corsée de brasserie de Marsinne. La mission est aujourd'hui confiée à Florence Balaine, la plus jeune brasseuse de l'équipe. La jeune femme a été engagée dans la petite équipe de 6 personnes il y a quelques mois seulement après un stage d'un peu plus d'un an suite à une formation à l'IFAPME. La petite équipe se partage le travail en fonction des jours de brassage. Mais tout le monde connait par cœur les recettes des différents produits car il n'en existe que deux. Hormis quelques productions exceptionnelles, la brasserie se limite à la production de la Léopold 7 et de la Timber. 

Un choix idéologique mais aussi écologique. Car pour éviter de devoir utiliser des détergents agressifs pour décoller les étiquettes, la brasserie a décidé d'imprimer les informations légales et de produits directement sur la bouteille. Les deux bières ont donc exactement la même composition, le même degré d'alcool,... Ce qui change uniquement c'est le caractère des deux bières.

Mais au delà de ses bouteilles sérigraphiées, la brasserie se veut durable dans l'ensemble de sa chaîne de production. Le grain vient par exemple uniquement de producteurs belges rémunérés à un prix décents. Des efforts ont été entrepris pour économiser un maximum d'énergie. Des panneaux photovoltaïques ont été installés sur le toit et les certificats verts générés reversés à des projets citoyens locaux. Des investissements qui pèsent sur la rentabilité de la petite entreprise. Elle peine tout juste aujourd'hui à atteindre le seuil de rentabilité six ans après sa création. Et la concurrence des autres petites brasseries artisanales qui naissent chaque année en Belgique est parfois rude.

Les bouteilles consignées et sérigraphiées sont un frein à son développement international. Car le coût de production de ces bouteilles est trois fois plus élevé que ces concurrents. En Belgique, les consommateurs qui rapportent ces bouteilles consignées sont remboursés en supermarché. A l'étranger, impossible d'organiser une consigne. Difficile d'attaquer d'autres marchés avec ce handicap.

Alors quand une erreur de production est commise, on essaie de ne pas jeter la bière à la poubelle. Tanguy Van der Eecken nous emmène au fond d'un des hangars de son entreprise. C'est là que se bonifie tout doucement un brassin de 2016 dans un fût en chêne racheté à une grande maison de cognac. D'ici quelques années, il deviendra du whisky. Une cuvée spéciale sera vendue pour l'occasion histoire de limiter les pertes de production.

Tanguy Van der Eecken est tombé dans la bière quand il était jeune. Dès son plus jeune âge il dégustait déjà des bières de table. La faute à son grand-père qui était déjà brasseur dans le Hainaut. A l'université, lors de ces études d'ingénieur agronome, il entretenait sa passion pour la bière en brassant dans les casseroles de son kot avec un ami. Un ami, diplômé en chimie et spécialiste de la bière qu'il a recontacté en 2010 pour créer leur propre bière.  Nicolas Declercq qui travaillait à l'époque pour une grande brasserie a Madagascar a sauté sur l'occasion pour rentrer au pays et développer une bière de terroir.

Le lieu de production n'a pas non plus été choisi par hasard. Car les dépendances de la ferme château de Marsinne dans laquelle est brassé la Léopold 7 est la propriété de la famille de Tanguy Van der Eecken depuis 3 générations. Elle avait été achetée à l'époque par son arrière grand-père pour cultiver des céréales nécessaires à la production de bière. Son père a ensuite occupé la ferme comme agriculteur. Aujourd'hui, le brasseur et sa famille sont la troisième génération de Van der Eecken à occuper le bien.

Quand au nom de la Léopold 7, plusieurs explications sont avancées. Il vient notamment de Léopold, prénom d'un brasseur qui en 1866 ajouta quelques gouttes d'eau prélevées au Manneken-Pis pour lui donner un goût différent...

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